UA : « aucun pays africain ne devrait être recolonisé, envahi ou obligé de se soumettre à un quelconque pouvoir étranger au XXIᵉ siècle » (Évariste Ndayishimiye)

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Le président burundais Évariste Ndayishimiye

Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a officiellement succédé à son homologue angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, à la tête de la présidence tournante de l’Union africaine. Cet événement a constitué l’un des moments forts de l’ouverture des travaux du 39ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, qui s’est tenu ce vendredi 14 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Pour une durée de douze mois, soit de février 2026 à février 2027, Évariste Ndayishimiye aura pour mission de représenter l’Union africaine et de porter ses priorités politiques, diplomatiques et économiques, conformément à l’Agenda 2063. Déclinant ses priorités, le successeur de Pierre Nkurunziza à la tête du Burundi a insisté tout particulièrement sur le retour de la paix à l’échelle du continent.

Pour Évariste Ndayishimiye, il est temps pour l’Afrique de plaider pour le respect du droit international et de l’intégrité territoriale. Selon lui, au XXIᵉ siècle, il est urgent de mettre fin à toute forme d’agression entre États africains.

« La paix et la sécurité ne peuvent être effectives sur notre continent s’il y a encore des pays d’Afrique qui se font frapper ou agresser sur fond d’intérêts géopolitiques ou économiques des grandes puissances. Nous souhaitons que la voix de l’Afrique s’élève pour plaider en faveur du respect du droit international, de l’intégrité territoriale de nos pays, de la souveraineté de nos États et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Aucun pays africain ne devrait être recolonisé, envahi ou obligé de se soumettre à un quelconque pouvoir étranger au XXIᵉ siècle. Ainsi, les valeurs humaines énoncées dans la Charte des Nations unies devront prévaloir », a déclaré dans son discours d’acceptation Évariste Ndayishimiye, président du Burundi.

Pour le président burundais, également président de l’Union africaine, le continent ne pourra pas gagner la bataille du développement tant que les balles continueront de siffler dans certaines de ses régions. Selon lui, chaque conflit freine les économies et compromet l’avenir de millions de jeunes Africains.

« La situation à l’est de la République démocratique du Congo, dans le Sahel, en Somalie, au Soudan et en République centrafricaine nous le rappelle chaque jour. Les crises dans ces pays affectent, d’une manière ou d’une autre, l’ensemble du continent. Chaque conflit freine nos économies et compromet l’avenir de millions de jeunes Africains. C’est pour cela que je lance un appel à chacun de nous pour soutenir les mécanismes de prévention des conflits de l’Union africaine et parler d’une seule voix pour faire taire les armes. La stabilisation durable de cette région appelle à la solidarité et à l’engagement de tous : États africains, partenaires internationaux et acteurs régionaux », a plaidé Évariste Ndayishimiye, président du Burundi.

Ces assises et le discours d’acceptation du nouveau président de l’Union africaine interviennent dans un contexte marqué par l’aggravation des crises continentales, notamment dans la région des Grands Lacs, où persistent des tensions entre Kinshasa et Kigali, en dépit des initiatives diplomatiques menées par Washington et Doha, avec l’appui de l’Union africaine.

Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, prend ainsi la tête de l’Union africaine dans un climat de fortes tensions avec le Rwanda de Paul Kagame. Au lendemain de l’occupation de la ville d’Uvira par la rébellion de l’AFC/M23, les relations entre les deux pays se sont davantage crispées, jusqu’au niveau des Nations unies, sur fond d’accusations mutuelles. Bujumbura avait affirmé que son territoire a été affecté par l’offensive de cette rébellion, qu’elle accuse d’être soutenue par le Rwanda, dénonçant ainsi une volonté de Kigali de régionaliser le conflit.

Le Burundi assume la présidence rotative de l’Union africaine pour la première fois depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963, devenue Union africaine. Le pays a déjà assuré la présidence de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), dirige actuellement le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) et siège également au Bureau de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Clément MUAMBA