RDC : un atelier stratégique pour clarifier les responsabilités et accélérer la mise en œuvre de la loi sur la parité

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De gauche à droite, la secrétaire générale au Genre, la ministre du Genre, le représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert (FES) et la présidente de l'ong Rien Sans les Femmes (RSLF)

Promulguée depuis le 1er août 2015, la Loi n° 15/013 sur la parité en République démocratique du Congo n’arrive pas à produire des effets réels et mesurables, faute de mécanismes de mise en œuvre ou d’application clairs et opérationnels. 

C’est dans cette logique que s’est tenu, les 10 et 11 février à Kinshasa, un atelier visant à analyser, examiner et valider le projet de décret destiné à préciser les modalités d’organisation et de fonctionnement des mécanismes de mise en œuvre de cette loi, à clarifier les rôles et les responsabilités des différents acteurs institutionnels et à renforcer la coordination entre les structures concernées aux niveaux national, provincial et local.

Ouvrant ces assises, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a d’abord souligné que ce décret sous examen « n’est pas une simple formalité juridique, mais une clé qui ouvre la porte à l’effectivité ; une clé qui permet enfin à la parité de quitter le domaine des discours pour entrer dans celui de l’action ». Elle a ensuite invité les participants à « travailler avec rigueur, avec courage, mais aussi avec une vision qui dépasse nos intérêts individuels ».

Et d’insister :

« Nous ne rédigeons pas seulement des articles. Nous dessinons une trajectoire nationale. Nous ne corrigeons pas seulement des lignes juridiques ».

Pour sa part, la secrétaire générale au Genre a exhorté à « une participation plus active afin de disposer d’un document finalisé, prêt à être soumis au Conseil des ministres pour examen et approbation ».

De son côté, la société civile féminine, à travers Mme Nathalie Yoka, chargée de programme du mouvement Rien Sans les Femmes, a sollicité l’implication de la ministre de tutelle pour la mise en œuvre effective de ce décret.

« Excellence Madame la ministre, avec respect et responsabilité, nous sollicitons votre leadership afin que la signature et la mise en œuvre effective du décret deviennent une priorité. La société civile féminine demeure pleinement disponible pour accompagner ce processus, dans un esprit de partenariat, de redevabilité et de construction collective. Nous restons convaincues que, sous votre impulsion, la RDC peut franchir un pas historique supplémentaire en transformant les acquis juridiques en réalités institutionnelles au bénéfice de toutes et de tous », a-t-elle déclaré.

À noter que le projet de décret existe. Les structures sont définies. Les missions sont claires. Les mécanismes de financement sont prévus par la loi. Ce qui manque encore, c’est l’acte politique décisif permettant de rendre cette loi pleinement opérationnelle.

L’expertise, les échanges et les recommandations qui émergeront de ces deux journées de travail seront donc déterminants pour garantir que ce décret répond réellement aux aspirations légitimes des femmes et des filles de la RDC.

L’atelier, organisé par le ministère du Genre, est rendu possible avec l’appui de la Fondation Friedrich Ebert, dont le représentant résident en RDC, Constantin Grund, présent à l’ouverture des travaux, a émis le vœu que ces assises soient « un espace de dialogue franc et d’engagement collectif pour des institutions plus représentatives, pour des partis politiques responsables et pour une société congolaise qui reconnaît pleinement le leadership des femmes comme une richesse nationale ».

Avant d’assurer : « La fondation reste donc à vos côtés pour accompagner non seulement la validation, mais aussi l’instauration de ces deux structures afin de rendre effective la parité sur toute l’étendue du territoire national ».

Bienvenu Ipan