Le Secrétaire général des Nations unies, António Manuel de Oliveira Guterres, a pris part à l’ouverture des travaux du 39ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, qui se tient du samedi 14 au dimanche 15 février 2026 à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie.Dans son allocution, António Guterres est revenu sur l’importance de renforcer le partenariat stratégique entre les Nations unies et l’Union africaine, insistant sur le rôle essentiel de la coopération multilatérale en matière de paix, de sécurité et de développement durable.
Abordant la question des différentes crises qui secouent le continent africain, notamment celle de la République démocratique du Congo, le chef de l’ONU a rappelé l’urgence pour les parties concernées de respecter les engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours. Il a souligné la nécessité de faire du cessez-le-feu une priorité et de faire avancer l’agenda politique en vue d’aboutir à une paix durable et à la stabilité dans l’est de la RDC, dont une partie du territoire est occupée par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.
"Au Soudan, les parties doivent s'engager à cesser immédiatement les hostilités et à reprendre les pourparlers en vue d'un cessez-le-feu durable et d'un processus politique global, inclusif et mené par les Soudanais; Au Soudan du Sud, le Comité ad hoc de haut niveau de l'UA offre une occasion importante de relancer le dialogue politique et de prévenir une reprise du conflit; En République démocratique du Congo, les engagements doivent être honorés à commencer par un cessez-le-feu immédiat et le respect de l’intégrité territoriale de la RDC" a déclaré le chef de l'ONU
Bien plutôt ce sommet et dans le cadre des efforts africains, la République d’Angola a proposé l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et le groupe armé M23 à partir de midi mercredi 18 février, avait annoncé la présidence angolaise. Cette proposition qui fait suite à une rencontre tenue à Luanda entre le président angolais João Lourenço, le président congolais Félix Tshisekedi, le président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, représentant des anciens chefs d’État désignés par l’UA comme facilitateurs du processus de paix en RDC, a été approuvée par la RDC alors que l'AFC/M23 qui ne se reconnaît pas dans cette rencontre préfère s'accrocher au processus de Doha mené sous l'égide de l'État du Qatar.
La Présidence angolaise a précisé par ailleurs que l’annonce du début de la phase préparatoire du dialogue intercongolais, appelée à se dérouler à Luanda, interviendra en temps utile. Cette dynamique diplomatique a été précédée par une réunion de haut niveau tenue à Lomé, au Togo, le 17 janvier 2026, consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine pour l’est de la RDC, cette rencontre a réaffirmé sa volonté de travailler en étroite coordination avec les États-Unis et le Qatar, afin d’encourager les différentes parties à honorer leurs engagements.
La dynamique africaine qui ne veut plus être attentiste intervient dans un contexte où malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.
Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit, notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés, viennent de reprendre une nouvelle fois après un longue période au point mort. Plusieurs mesures convenues, notamment depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, la signature du mécanisme de cessez-le-feu, de la déclaration de principes, et plus récemment de l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.
Clément MUAMBA