Mme Vivian Van de Perre, Représentante spéciale du Secrétaire général par intérim et cheffe de la MONUSCO par intérim, poursuit son séjour de travail à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans le cadre des préparatifs de la mission visant à appuyer le suivi et la vérification du cessez-le-feu sur le terrain, dans un contexte marqué par la poursuite de l’escalade sur plusieurs fronts au Nord et au Sud-Kivu.
C’est dans ce contexte que la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et cheffe de la MONUSCO a rencontré, vendredi 13 février à Goma, les responsables de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), avec à leur tête Corneille Nangaa, coordonnateur politique du mouvement rebelle. Pour la cheffe de la MONUSCO, il est plus qu’urgent de mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre des différentes initiatives diplomatiques.
"Je viens de tenir une réunion avec les représentants de l’AFC/M23 à Goma, où je suis arrivée hier à bord du premier vol à atterrir à l’aéroport depuis janvier 2025. La reprise progressive des activités aéroportuaires constitue un signal important dans le contexte actuel et contribue à renforcer la confiance entre les parties. Nos échanges avec l’AFC/M23 ont principalement porté sur la mise en œuvre concrète du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, conformément à l’accord signé par l’AFC/M23. Il est essentiel que les engagements pris dans cet accord se traduisent rapidement par des dispositions opérationnelles claires, crédibles et vérifiables sur le terrain", a déclaré devant la presse locale la cheffe de la MONUSCO à l'issue de l'entretien.
Selon la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, conformément à la résolution 2808 du Conseil de sécurité, adoptée à l’unanimité en décembre dernier, la MONUSCO est mandatée pour soutenir un cessez-le-feu permanent, notamment à travers sa participation au mécanisme de vérification et son appui au Mécanisme conjoint élargi de vérification (MCVE/JVM+), avec lequel elle a également eu des échanges durant son séjour à Goma.
"La MONUSCO continuera d’appuyer le processus de paix en cours. L’appui au cessez-le-feu se fera de manière progressive, en fonction des arrangements confirmés dans l’architecture convenue et des garanties de sécurité pour le personnel et les moyens des Nations Unies. Notre action restera strictement dans le cadre du mandat du Conseil de sécurité et dans le plein respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo", a rassuré la cheffe par intérim de la MONUSCO.
Pour sa part, M. Benjamin Mbonimpa, Secrétaire permanent de l’AFC/M23, qui s’exprimait au nom du mouvement rebelle, a salué la tenue de cette réunion avec la MONUSCO et a reconnu le rôle de la mission dans la mise en œuvre du cessez-le-feu dans l’est de la RDC.
"Nous sommes respectueux, et la MONUSCO a un rôle d’appui au mécanisme de vérification du cessez-le-feu ainsi que dans la coordination logistique afin que tout se passe dans le bon et pour que la paix revienne dans notre pays", a-t-il fait savoir devant la presse locale à l'issue de cette séance de travail.
En décembre de l'année dernière, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la résolution 2808 (2025) par laquelle il décide de proroger jusqu’au 20 décembre 2026 le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et, à titre exceptionnel, de sa brigade d’intervention.
Aux termes de ce texte, le Conseil décide que la MONUSCO maintiendra un effectif maximum autorisé de 11 500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443 policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées. Il décide également que les priorités stratégiques de la MONUSCO sont de contribuer : à la protection des populations civiles dans sa zone de déploiement; à la réalisation des objectifs fixés par la résolution 2773 (2025); et à la stabilisation et au renforcement des institutions de l’État en RDC.
De plus, le Conseil autorise la MONUSCO à soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent conformément à la résolution 2773 (2025). Cette résolution, a fait valoir la France, porte-plume de la résolution « vise à inscrire la MONUSCO en première ligne dans le soutien aux efforts de paix ». Ceux de l’Union africaine et de la médiation du Togo, ceux des organisations sous-régionales et de leurs facilitateurs, et enfin ceux des États-Unis et du Qatar.
Clément MUAMBA