UA : la RDC exprime son soutien constant au Burundi et son attachement aux principes fondateurs de l’Union africaine

Félix Tshisekedi et Evariste Ndayishimiye
Félix Tshisekedi et Evariste Ndayishimiye

João Manuel Gonçalves Lourenço, président angolais, a passé le flambeau de la présidence tournante de l’Union africaine à son homologue burundais, Évariste Ndayishimiye, pour un mandat de douze mois, soit jusqu’en février 2027. Il s’agit là d’un temps fort à l’ouverture du 39ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, qui se tient du samedi 14 au dimanche 15 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Pour son homologue de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, cette élection consacre le leadership et le rôle croissant du Burundi sur la scène continentale et, tout en honorant l’Afrique centrale, reflète la confiance que les États africains lui accordent. Dans son message de félicitations, publié par sa porte-parole Tina Salama, le président de la République, Félix Tshisekedi, a tenu à réitérer son amitié fraternelle et sa haute considération au président Évariste Ndayishimiye, en ce moment historique pour le Burundi.

"Le Président de la République saisit cette occasion pour apporter le soutien constant et constructif de la République Démocratique du Congo au Burundi et sa disposition entière à œuvrer au renforcement de la solidarité entre les États, au respect des principes auxquels ils se sont engagés dans l'Acte constitutif notamment en matière de paix et de sécurité, en vue de bâtir une Afrique intégrée, pacifique et prospère, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale". rapporte Tina Salama, Porte-parole du Chef de l'État Félix Tshisekedi.

Dans la région des Grands Lacs, le Burundi d’Évariste Ndayishimiye est considéré comme un allié stratégique de la République démocratique du Congo, à la suite du déploiement de ses troupes dans la province du Sud-Kivu, dans la lutte contre les groupes armés et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda. Cette coopération est le fruit d’un accord de défense scellé depuis 2023. C’est dans ce contexte que Félix Tshisekedi a émis le vœu de voir le Burundi s’engager davantage dans le renforcement de l’unité africaine et dans la promotion de solutions africaines aux défis du continent.

Pour l’année 2026, le Bureau de l’Union africaine se présente comme suit : la présidence est assurée par la République du Burundi (région Centre) ; le poste de premier vice-président revient au Ghana (région Ouest) ; celui de deuxième vice-président à la Tanzanie (région Est) ; le troisième vice-président, issu de la région Afrique du Nord, reste à confirmer ; tandis que le poste de rapporteur est occupé par l’Angola.

Dans son discours d’acceptation prononcé lors de la passation de pouvoir avec son homologue angolais, Évariste Ndayishimiye est revenu sur les priorités du Burundi à la tête de l’Union africaine. Il a notamment évoqué l’accélération de la mise en œuvre du thème de l’année 2026 de l’Union africaine, consacré à " l’eau et l’assainissement pour tous d’ici 2063 ", la poursuite du dialogue continental de la jeunesse sur la paix, la sécurité, la recherche et l’innovation, ainsi que le renforcement de la participation des jeunes et des femmes aux processus de paix, dans le cadre de l’initiative " Faire taire les armes d’ici 2030 ".

Les crises que connaît le continent, en particulier la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, en Libye, au Sahel et au Soudan, ainsi que les catastrophes naturelles et les urgences humanitaires, occuperont également une place de choix durant le mandat burundais. Pour Évariste Ndayishimiye, il est temps de faire taire les armes afin de se concentrer pleinement sur le développement du continent africain.

Le Burundi assume la présidence rotative de l’Union africaine pour la première fois depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963, devenue Union africaine. Le pays a déjà assuré la présidence de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), dirige actuellement le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) et siège également au Bureau de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Clément MUAMBA