La question centrale du débat politique en RDC porte sur l’inclusivité du dialogue national, notamment la place des groupes rebelles, y compris congolais. Le pouvoir fixe des lignes rouges strictes telles que respect des institutions issues des élections, pilotage par les institutions de la République et refus de relativiser l’« agression rwandaise ». Cette position est perçue comme une volonté d’écarter certains acteurs armés du périmètre des discussions, ce qui interroge la portée réelle de ce dialogue en gestation.
Le président Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité de l’unité nationale face à la guerre dans l’Est, mais les conditions posées ont suscité des critiques. L’opposition, notamment Ensemble pour la République, rejette un « simulacre de dialogue » et plaide pour une médiation confiée au tandem CENCO-ECC. D’autres formations dénoncent un dialogue de façade destiné à conforter le pouvoir, tandis que le LGD et Alliés appelle à un rapprochement progressif des positions.
La plateforme Sauvons la RDC accuse le chef de l’État d’opter pour l’escalade en multipliant les conditions. Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales estime qu’un président partie prenante au conflit ne peut décider seul des modalités du dialogue. Dans la société civile, certaines voix rappellent que le dialogue ne doit pas servir de blanchiment politique, même si l’urgence d’un cadre de concertation fait consensus.