Les tactiques politiques ne font pas un plan de réforme. Depuis 2018, il ne semble pas y avoir de stratégie globale pour réformer l’État (Jason Stearns)
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Dans une note d’analyse publiée le 24 février, Jason Stearns se penche sur la gestion de principaux problèmes de la RDC par Félix Tshisekedi. Ce chercheur est actuellement Directeur du Groupe d’Etude sur le Congo (GEC) basé à l’Université de New York. Il travaille sur les dynamiques de conflit en Afrique centrale depuis 2001. 

Particulièrement sur les questions sécuritaires, il revient sur la volonté de l’actuel Chef de l’Etat de mettre en place un quartier général avancé de l’armée à Beni, la création de nouvelles académies militaires, la mise en place de DDRCS, désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et stabilisation.

Le DDRCS est une reconfiguration du DDR ordinaire qui, d’après plusieurs experts, a démontré ses limites. Le Chef de l’Etat prône une réinsertion communautaire des ex-combattants dans leurs milieux d’origine à travers les activités socio-économiques notamment l’agriculture.

« Mais tout cela ne constitue pas un plan, et peu de détails sont mis à la disposition du public. Aujourd’hui, avec plus de 5 millions de personnes déplacées dans l’est du Congo, où environ 120 groupes armés sont actifs, et avec un nombre croissant de massacres, en particulier autour de Beni, cette absence de plan et de vision est profondément décevante », dit Jason Stearns. 

Cette opinion est également partagée par une grande partie de la communauté diplomatique basée à Kinshasa.

Aujourd’hui, en Ituri par exemple, plus d’un millier de miliciens de la FRPI attendent ce programme. Beaucoup ont déserté le site de pre-cantonnement en Irumu et s’attaquent maintenant à la population pour survivre. La même situation a été remarquée à Djugu où des centaines des miliciens de la CODECO prêts pour le DDR ont rejoint le maquis.

« Nous voulons un plan intégré, bien présenté, avec des objectifs clairement définis. Sans cela, c’est impossible pour nous de nous engager », disait un dirigeant de la MONUSCO à ACTUALITE.CD 

« La réalité, cependant, est que le Congo n’a pas d’argent. C’est probablement le défi le plus difficile à relever pour tout effort de réforme (…), dit le chercheur.

« Mais ce n’est pas ce sur quoi se focalise la politique au Congo aujourd’hui. Les intrigues de palais, et non le développement économique ou la réforme politique, constituent le sujet le plus débattu. Ce n’est pas seulement la faute du président ni du gouvernement – les médias, la société civile, les partis politiques et les donateurs doivent garder l’œil sur l’objectif – et cet objectif ne devrait pas finalement être le pouvoir politique mais l’intérêt public », note Jason Stearns. 

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