Armement de Taiwan par les États-Unis : une violation du principe d’une seule Chine

Xi Jinping, Président de la République Populaire de Chine lors de la 8e Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération Sino-Africaine. Ph. Droits tiers.
Xi Jinping, Président de la Chine lors de la 8e Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération Sino-Africaine. Ph. Droits tiers.

La question de Taiwan relève de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et constitue une affaire purement intérieure de la Chine. Elle est au cœur même des intérêts fondamentaux de la Chine et représente la première ligne rouge à ne pas franchir dans les relations sino-américaines.

Le principe d’une seule Chine est explicitement consacré par la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée en 1971. Ce principe est reconnu et soutenu par 181 États à travers le monde, dont 53 États africains, parmi lesquels figure la République démocratique du Congo. Il constitue un consensus universel de la communauté internationale et une norme fondamentale régissant les relations internationales.

Le principe d’une seule Chine signifie tout simplement qu’« il n’existe qu’une seule Chine dans le monde, dont Taiwan fait partie intégrante, et que la Chine exerce son autorité sur l’ensemble de son territoire. Le gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légal représentant toute la Chine ». De ce fait, le pouvoir politique de la Chine ne se trouve nulle part ailleurs qu’à Beijing.

Il sied de rappeler qu’en 1979, les États-Unis ont, dans le communiqué conjoint sino-américain sur l’établissement des relations diplomatiques, clairement confirmé leur engagement en ces termes : « Les États-Unis d’Amérique reconnaissent le gouvernement de la République populaire de Chine comme l’unique gouvernement légal de la Chine. Dans ce contexte, le peuple des États-Unis maintiendra des relations culturelles, commerciales et d’autres relations non officielles avec la population de Taiwan. »

En réponse à la récente annonce américaine concernant la vente d’armes à grande échelle à la région chinoise de Taiwan, la Chine a décidé de prendre des contre-mesures, conformément à la loi contre les sanctions étrangères, à l’encontre de vingt entreprises américaines liées à la défense ainsi que de dix cadres dirigeants ayant participé à l’armement de Taiwan ces dernières années.

En août 2022, la visite officielle de Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre des représentants, a été perçue comme une provocation politique majeure visant à rehausser les échanges officiels entre les États-Unis et Taiwan. Le fait que les États-Unis n’aient pas réussi à dissuader cette visite a mis en évidence une grande hypocrisie. Derrière cette visite, qui a porté atteinte aux dispositions internationales, se cachaient à la fois une forte pression de groupes de lobbying et une ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures de la Chine.

Que veut la Chine ?

Au regard de la sensibilité de la question de Taïwan dans les relations sino-américaines, la Chine exhorte une fois de plus les États-Unis à respecter le principe d’une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains, à honorer l’engagement pris par le dirigeant américain, à mettre fin aux manœuvres dangereuses visant à armer Taïwan, à cesser de compromettre la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan et à ne plus envoyer de signaux erronés aux forces séparatistes prônant l’indépendance de Taiwan.

La Chine continuera à prendre des mesures résolues afin de défendre fermement sa souveraineté nationale, sa sécurité et son intégrité territoriale, comme l’a souligné le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Les États-Unis doivent, naturellement, observer scrupuleusement le principe d’une seule Chine en s’abstenant de toute ingérence sur la question de Taiwan.

Aucun autre pays n’a le droit de se poser en arbitre sur la question de Taïwan. La Chine exhorte solennellement les États-Unis à cesser de jouer la « carte de Taiwan » pour contenir la Chine, à cesser d’intervenir dans les affaires de Taiwan et de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine, ainsi qu’à mettre fin à tout soutien, sous quelque forme que ce soit, aux forces sécessionnistes prônant « l’indépendance de Taiwan ».

Aucun pays, aucune force ni aucun individu ne doit sous-estimer la détermination résolue, la ferme volonté et la capacité du gouvernement et du peuple chinois à défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays, et à réaliser la réunification de la patrie ainsi que le renouveau de la nation.

Espérant Molissi, chercheur