Plus de 80 millions d’euros pour la crise humanitaire : le gouvernement fixe la feuille de route

Le site des déplacés de Lushagala
Le site des déplacés de Lushagala

En marge de la visite de la commissaire européenne chargée de la préparation et de la gestion des crises, Hadja Lahbib, dans la région des Grands Lacs, l’Union européenne a annoncé une enveloppe de 81,2 millions d’euros d’aide humanitaire destinée à l’ensemble de la région. Grâce à ce nouveau financement, l’Union européenne fournira des services vitaux non seulement aux personnes les plus vulnérables vivant dans l’Est de la RDC, mais aussi aux réfugiés congolais contraints de fuir le pays.

Selon un communiqué de l’Union européenne rendu public à son arrivée à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, ce financement, qui intervient dans un contexte d’escalade du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et de déplacements massifs de populations, permettra également de soutenir des projets d’aide au Burundi, où la fragilité persistante de la situation humanitaire continue de mettre en péril des communautés vulnérables, ainsi qu’au Rwanda et en Tanzanie.

Lors de sa communication à la réunion du Conseil des ministres, la cheffe du Gouvernement, Judith Suminwa Tuluka, a précisé que, sur les 81,2 millions d’euros annoncés, 68 millions seront consacrés à l’aide humanitaire à l’intérieur de la RDC, où le conflit et les déplacements de population génèrent les besoins les plus urgents. Les 13,2 millions d’euros restants seront alloués au soutien des mécanismes régionaux d’assistance aux réfugiés et au renforcement de la préparation aux catastrophes dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Pour une gestion judicieuse de ces fonds, rapporte le compte rendu de la réunion tenue le vendredi 20 février 2026, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a instruit les membres du gouvernement siégeant au sein du cadre national de coordination humanitaire en particulier le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, ainsi que les ministres de la Santé publique et des Ressources hydrauliques et de l’Électricité , chacun en ce qui le concerne, de :

• mettre en place des équipes de coordination provinciale, notamment à Uvira et à Beni, dans le cadre du renforcement de la présence de l’État et de la restauration de son autorité ;

• renforcer la collaboration avec l’équipe humanitaire de la RDC afin de définir d’un commun accord des actions concrètes alignées sur le Plan de réponse humanitaire 2026 ;

• s’approprier les principales conclusions de la table ronde (NDLR : Table ronde pour le renforcement des services de santé et des services essentiels dans le contexte des conflits) en vue de leur mise en œuvre concertée, tout en veillant à la responsabilisation des différentes parties prenantes ;

• développer des mécanismes appropriés de communication et de suivi de l’ensemble des engagements et résolutions pris.

La République démocratique du Congo fait face à l’une des crises humanitaires les plus graves au monde, en raison de la persistance du conflit armé, des déplacements massifs de populations, des épidémies et d’un niveau élevé de pauvreté. Plus de 21 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, tandis que la violence dans les provinces orientales continue de contraindre des familles à fuir de manière répétée, se retrouvant bien souvent dans des abris précaires ou des camps temporaires surpeuplés. Cette crise est aggravée par des violations généralisées des droits humains, des violences sexuelles liées au conflit et une insécurité alimentaire alarmante touchant près de 28 millions de personnes.

La situation humanitaire au Burundi demeure également fragile. Des centaines de milliers de réfugiés burundais restent déplacés dans les pays voisins, tandis que de nombreuses personnes sont déplacées à l’intérieur du pays en raison de risques naturels, notamment les inondations et les glissements de terrain. Les rapatriés éprouvent par ailleurs de grandes difficultés à reconstruire leur vie et à satisfaire leurs besoins fondamentaux, notamment en matière de nourriture, de soins de santé, d’eau, d’assainissement et de protection.

La récente escalade de la violence dans l’est de la RDC voisine a par ailleurs provoqué d’importants mouvements transfrontaliers. Depuis la fin de l’année 2025, des dizaines de milliers de réfugiés congolais ont afflué vers le Burundi, exerçant une pression supplémentaire sur des ressources déjà limitées, notamment les camps d’accueil, les services de santé et les systèmes d’approvisionnement en eau.

L’Union européenne, précise le communiqué, demeure l’un des principaux pourvoyeurs d’aide humanitaire dans la région. En 2025, elle a alloué 129,5 millions d’euros, dont la majeure partie a été destinée à la RDC, afin de fournir une assistance vitale non seulement dans le pays, mais également aux réfugiés installés dans les États voisins.

Clément MUAMBA