Emmanuel Cohet, envoyé spécial de la France pour la région des Grands Lacs, a effectué une mission de 48 heures à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, du lundi 16 au mardi 17 février 2026. Il a été reçu par plusieurs membres du gouvernement. Accompagné de Rémi Maréchaux, ambassadeur de France en RDC, il a notamment rencontré la Vice-Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Mme Noëlla Ayeganagato Nakwipone.
À cette occasion, les échanges ont porté sur l’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC, le suivi des conclusions de la Conférence internationale de Paris sur les Grands Lacs, ainsi que sur la coordination des initiatives diplomatiques en cours (Luanda, Nairobi, Washington, Doha), en cohérence avec les efforts de l’Union africaine.
"Sur le plan humanitaire, comme vous le savez, la France a organisé le 30 octobre dernier une conférence à Paris. Il était essentiel que notre envoyé spécial puisse rendre compte aux autorités congolaises du suivi assuré par la France : d’une part, sur les promesses de dons formulées à cette occasion les fonds ont-ils effectivement été décaissés et vers quelles destinations ? et, d’autre part, sur l’engagement pris par la France d’œuvrer à la réouverture de l’aéroport de Goma. À cet égard, il était important d’échanger avec la vice-ministre, à la suite de la récente visite de la cheffe par intérim de la MONUSCO à Goma, afin d’examiner la manière dont le gouvernement congolais envisage la suite, notamment les modalités de reprise des vols humanitaires", a déclaré Rémi Maréchaux, ambassadeur de France en RDC à l'issue de l'entretien.
Paris a, par la même occasion, apporté son soutien aux initiatives diplomatiques en cours visant le retour de la paix dans l’Est de la RDC. Selon le diplomate français, ces initiatives sont susceptibles de contribuer à la restauration de la paix.
"Nous avons également abordé la position des autorités congolaises concernant les processus de Washington et de Doha, ainsi que les prochaines étapes envisagées. Pour nous, ces processus sont essentiels : nous les soutenons pleinement, car ils offrent les meilleures chances de parvenir au rétablissement de la paix. Toutefois, nous ne souhaitons entreprendre aucune action qui ne soit concertée avec les autorités congolaises", a précisé l'ambassadeur français accrédité en RDC.
En décembre dernier, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la résolution 2808 (2025), par laquelle il décide de proroger jusqu’au 20 décembre 2026 le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Trois mois après son adoption, une évaluation est prévue en mars. Porte-plume de ce texte, la France a souhaité recueillir l’avis de la RDC, notamment en ce qui concerne la vérification du cessez-le-feu.
"Dernier point, c'est ce qui est la vérification du cessez-le-feu, comme vous le savez, le dernier mandat de la Monusco qui a été adopté au mois de décembre autorise la Monusco à observer le cessez-le-feu au Sud-Kivu ainsi que dans les autres zones affectées, notamment au Nord-Kivu. Il est donc important qu'on discute avec les autorités congolaises, qu'on se concerte avant que cette question soit de nouveau examinée au mois de mars par le Conseil de Sécurité de l'ONU afin de donner à la Monusco les moyens d'exercer son mandat de vérification du cessez-le-feu", a fait savoir l'ambassadeur français en RDC.
Dans cette résolution, le Conseil de sécurité a prié le Secrétaire général de lui présenter un rapport tous les trois mois. À ce titre, le Conseil attend de lui, au plus tard le 1er mars 2026, une évaluation des progrès accomplis dans la mise en place et l’entrée en fonctions du Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, ainsi que des propositions réalistes, concrètes, économiques et opérationnelles sur l’ampleur des efforts devant être déployés par la MONUSCO afin de soutenir davantage la mise en œuvre du cessez-le-feu, en mettant un accent particulier sur les zones de tension.
Cette approche, avait expliqué la France, « reflète une volonté de compromis entre les différentes positions exprimées lors des négociations, dans un esprit de responsabilité ». Selon Paris, cette résolution « vise à placer la MONUSCO en première ligne dans le soutien aux efforts de paix », notamment ceux de l’Union africaine et de la médiation togolaise, des organisations sous-régionales et de leurs facilitateurs, ainsi que ceux menés par les États-Unis et le Qatar.
Clément MUAMBA