Le VPM, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a présidé, jeudi 19 février 2026, la cérémonie de remise officielle du fichier électoral 2022 par la CENI à l’ONIP, en vue de la constitution du Fichier général de la population. Il s’agit, selon ce membre du gouvernement, d’une étape structurante : derrière chaque donnée, il y a un citoyen, une famille, un droit à protéger et une sécurité à garantir.
Pour le patron de la territoriale, Jacquemain Shabani Lukoo, la consolidation de ce fichier constitue la colonne vertébrale de politiques publiques essentielles, notamment l’établissement de la carte d’identité, la lutte contre la fraude et la criminalité, le contrôle des flux migratoires ainsi que la planification sanitaire et éducative.
"La cérémonie qui nous réunit revêt une portée à la fois historique, administrative et profondément politique. Historique, parce qu’elle met fin à une anomalie de près de quatre décennies. Administrative, parce qu’elle jette les bases de l’opérationnalisation du fichier général de la population à travers un système moderne d’identification. Sans identité fiable, il n’y a pas d’État fort. Sans fichier de population crédible, il n’y a pas de planification crédible. Sans traçabilité ni identification des populations, il n’y a pas de sécurité durable", a déclaré le VPM, Ministre de l'intérieur, sécurité, décentralisation et Affaires Coutumières Shabani Lukoo
Pour le patron de l’Intérieur, cette démarche d’identification s’inscrit dans la volonté du gouvernement d’assurer la sécurité des frontières. Selon lui, la maîtrise de l’identité des populations devient ainsi un impératif régalien.
"Dans un contexte régional marqué par les défis migratoires, les menaces transfrontalières, la criminalité organisée et le terrorisme international, l’identification des citoyens et la maîtrise des populations sont des éléments majeurs, à la fois pour toute initiative de développement et pour la gestion efficace de la sécurité nationale. La maîtrise de l’identité des populations devient ainsi un impératif régalien. C’est pourquoi le gouvernement attache un caractère prioritaire à l’opérationnalisation rapide du fichier général de la population", a souligné le ministre Shabani Lukoo Jacquemain
Et de poursuivre :
"À cet effet, j’instruis Monsieur le Directeur général de l’Office national de l’identification de la population de procéder sans délai au traitement de ces données, afin que la carte d’identité nationale soit délivrée à tous les citoyens congolais. La Nation nous regarde, le peuple nous attend. Faites de ce transfert de données le point de départ d’une réussite administrative et politique majeure".
Lors de son dernier discours sur l’état de la Nation devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, Félix Tshisekedi avait annoncé la relance du processus de délivrance de la carte d’identité nationale en RDC. Selon lui, lONIP se prépare, avec un budget stabilisé à partir de 2026, à lancer les opérations de collecte des données, en s’appuyant sur les acquis de la CENI.
En sa qualité de garant de la Nation et du bon fonctionnement des institutions de la République démocratique du Congo, le Président Félix Tshisekedi a précisé que les kits et les données d’enrôlement seront transférés à l’ONIP afin que les électeurs déjà enregistrés, dont les données biométriques sont disponibles, soient les premiers bénéficiaires d’une carte d’identité nationale sécurisée.
Promise depuis l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, la carte d’identité nationale tarde toujours à être délivrée malgré plusieurs tentatives. Cette promesse du Chef de l’État avait suscité un grand espoir au sein de la population, privée de ce document depuis 1984, tout comme du permis de conduire depuis plusieurs années.
Lors de la précédente tentative, la société Idemia avait obtenu le marché pour la fourniture des kits de délivrance des cartes d’identité. Ce contrat, d’un montant de 1,2 milliard de dollars, avait été conclu avec les entreprises Afritech et Idemia. Il avait toutefois été annulé après que l’Inspection générale des finances (IGF) a jugé le marché surfacturé. Des enquêtes menées par ACTUALITÉ.CD, en partenariat avec Lighthouse Reports et Bloomberg, avaient confirmé ces soupçons
Clément MUAMBA