Le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants de la République démocratique du Congo, Guy Kabombo Muadiamvita, effectue une mission officielle en Afrique du Sud, consacrée au renforcement de la coopération militaire entre les deux États. En marge de sa participation à la cérémonie commémorative du 71ᵉ anniversaire de l’armée sud-africaine, ce samedi 21 février 2026, il a eu des échanges avec son homologue sud-africaine, Angie Motshekga.
Au centre des discussions, selon sa cellule de communication, les deux personnalités ont abordé plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment l’urgence et la nécessité de revisiter l’accord militaire signé en 2004 entre la République démocratique du Congo et l’Afrique du Sud. À cet effet, les deux ministres ont convenu de prendre des résolutions à l’issue des travaux des experts sectoriels des deux États. Ces échanges s’appuient sur un Accord général de coopération signé le 13 janvier 2004, qui encadre leur collaboration.
"Au cours d'une séance de travail à huis-clos, les deux personnalités ont échangé sur plusieurs axes de coopération militaire et stratégique entre les deux pays. La question de la révision de l'accord militaire signé en 2004 entre la République Démocratique du Congo et la République d'Afrique du sud étant au menu des échanges; les deux Ministres ont convenu de prendre des résolutions à l'issue des travaux des experts sectoriels de deux parties", rapporte le cabinet du ministre congolais de la Défense.
Cette rencontre intervient quelques semaines après la décision de l’Afrique du Sud de retirer sa contribution en soldats à la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Selon la Présidence sud-africaine, le président Cyril Ramaphosa a officiellement informé le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, de cette décision.
D’après un communiqué de la Présidence sud-africaine, parvenu à la rédaction d’ACTUALITE.CD dimanche 8 février 2026, l’Afrique du Sud figure parmi les dix principaux pays contributeurs de troupes à la MONUSCO, avec plus de 700 soldats déployés en RDC dans le cadre du mandat de maintien de la paix de la Mission.
« Lors d’un entretien téléphonique le 12 janvier 2026, le président Ramaphosa a indiqué que la décision unilatérale de l’Afrique du Sud de se retirer de la MONUSCO était motivée par la nécessité de consolider et de réorienter les ressources des Forces de défense nationale sud-africaines, après vingt-sept années de soutien de l’Afrique du Sud aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies en RDC », précise la Présidence sud-africaine.
Par ailleurs, la Présidence indique que l’Afrique du Sud collaborera avec l’ONU afin de finaliser le calendrier et les modalités de ce retrait, qui devrait être achevé avant la fin de l’année 2026. Le président Ramaphosa a également salué les remerciements exprimés par le Secrétaire général des Nations Unies à l’égard de cette décision.
Déjà en juillet 2023, lors d’un entretien prolongé, les présidents Félix Tshisekedi et Cyril Ramaphosa avaient réaffirmé leur engagement à renforcer la coopération bilatérale, en identifiant des domaines clés tels que la sécurité, l’économie, les finances, les infrastructures, l’agriculture et le secteur social.
« Nous avons besoin d’intensifier la coopération à travers l’axe Pretoria–Kinshasa. Nos deux pays, de par leur influence, peuvent promouvoir un développement économique accru dans la zone d’Afrique australe », avait déclaré le président Tshisekedi lors d’une conférence de presse conjointe.
Sur le plan militaire, les relations entre les deux pays se sont également consolidées. Le président Ramaphosa avait ordonné le déploiement de 2 900 membres des Forces de défense nationale sud-africaines en RDC, à partir du 15 décembre 2023 et jusqu’au 15 décembre 2024. Ce déploiement visait à appuyer le gouvernement congolais dans ses efforts pour rétablir la paix et la sécurité dans l’Est du pays, une région régulièrement secouée par les activités de groupes armés.
Cette opération, dénommée SAMIDRC, représente un investissement de plus de 2 milliards de rands (environ 134 millions de dollars américains), financé par le gouvernement sud-africain, conformément à l’article 201(2)(c) de la Constitution de la République d’Afrique du Sud.
Au-delà de leur coopération au sein de la SADC, les deux pays s’appuient également sur un Accord général de coopération signé le 13 janvier 2004 pour encadrer leurs relations.
Clément Muamba