Lubero : en janvier, au moins 52 civils tués, plusieurs enlevés et des structures de santé détruites ou suspendues à cause de l’insécurité (OCHA)

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Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) rapporte qu’au mois de janvier, dans le territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, des éléments armés ont mené des attaques meurtrières contre les populations civiles dans plusieurs villages du secteur des Bapere, au nord-ouest du territoire.

Selon le rapport rendu public mercredi 17 février, au moins 52 civils ont été tués et plusieurs autres enlevés lors de ces attaques, selon la société civile locale. Plusieurs habitations ont également été incendiées et des biens pillés. Au moins une structure de santé a été détruite par le feu, tandis que cinq autres ont suspendu leurs services en raison de la dégradation sécuritaire.

D’après des partenaires locaux, plus de 13 000 personnes déplacées, fuyant les attaques dans plusieurs villages du secteur des Bapere, sont arrivées entre décembre 2025 et janvier 2026 dans les villages de Butuhe, Vurondo, Kyondo-Kitumbu, Kisesa-Ndondi et Kyavisogho.

"Ces ménages vivent dans une grande précarité, avec des besoins urgents en vivres, articles ménagers essentiels (AME), soins de santé et eau, hygiène et assainissement. Les mouvements se poursuivent à ce jour en raison des menaces persistantes d’attaques contre les villages voisins", renseigne le rapport précisant que de nouveaux affrontements entre groupes armés ont éclaté depuis le 24 janvier 2026 dans les villages de Mighende et Vukendo, à l’est du territoire de Lubero, provoquant des déplacements massifs vers Kisima et Mubana.

Entre le 1ᵉʳ et le 4 janvier 2026, le territoire de Beni a également été le théâtre d’affrontements entre deux groupes armés dans la chefferie des Bashu, générant un climat de peur au sein des villages de Kitobo, Misugho, Rwamibo, Malende, ainsi que dans la ville de Butembo. Par ailleurs, le 9 janvier, la ville de Beni a été touchée par une pluie diluvienne qui a endommagé plusieurs infrastructures scolaires, perturbant la scolarité d’environ 500 élèves.

Depuis le début de l’année 2025, l’escalade du conflit et l’intensification des attaques de la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda au Nord et au Sud-Kivu, ont déplacé des centaines de milliers de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Les violences ont causé des centaines de morts et des milliers de blessés, tandis que les routes coupées et l’insécurité compliquent davantage l’accès humanitaire.

Malgré ces conditions difficiles et l’activisme des terroristes ADF dans la zone, les acteurs humanitaires poursuivent leurs opérations vitales en négociant l’accès aux zones affectées et en fournissant des soins médicaux d’urgence, une aide alimentaire ainsi que d’autres formes d’assistance essentielle. Selon l’ONU, il est impératif de garantir un accès humanitaire rapide, sécurisé et sans entrave aux populations dans le besoin, tout en levant tous les obstacles existants.

En dépit des avancées annoncées dans le cadre des initiatives de médiation  notamment le processus de Washington piloté par les États-Unis pour le dossier RDC–Rwanda et l’implication du Qatar dans la crise opposant la RDC à la rébellion AFC/M23  la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Face à ce constat, de nombreuses voix appellent les parties prenantes à respecter les engagements contenus dans les différents accords et déclarations signés, afin de faire taire les armes et offrir enfin une chance à la paix, après près de trois décennies de conflit.

Clément MUAMBA