RDC: Dodo Kamba remet à André Mbata une note conceptuelle en faveur d’un mécanisme Vérité et Réconciliation préalable au dialogue national et plaide pour l’inclusivité

Photo d'illustration
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Alors que la date exacte de la convocation du dialogue national inclusif, destiné à faire face à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, n’est pas encore connue, le pays reste marqué par la poursuite de l’escalade des violences et des combats opposant la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, aux forces gouvernementales. Dans ce contexte, l’environnement sociopolitique congolais demeure en alerte et multiplie les contacts avec les états-majors politiques, en amont de ce rendez-vous tant attendu, en appui aux initiatives diplomatiques internationales

C’est dans ce cadre que l’archevêque supérieur des Communautés unies du Réveil (CUR), Dodo Israël Kamba, a conduit, ce mardi 10 février 2026 à Kinshasa, une délégation du Conseil interreligieux congolais (CIC) cadre de concertation interconfessionnel et composante de la société civile auprès d’André Mbata, cadre de l’UDPS/Tshisekedi et secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation, plateforme politique du président de la République, Félix Tshisekedi.

Le président du Conseil interreligieux congolais, Dodo Kamba, est venu lui remettre une note conceptuelle de plaidoyer en faveur de la mise en place d’un mécanisme Vérité – Réconciliation préalable à la tenue d’un dialogue national. Une note qu’André Mbata a promis de transmettre à la haute autorité de sa famille politique.

"Il était question de présenter le projet que nous portons. Il s’agit de ce que nous appelons un préalable au dialogue : le projet d'une Commission qu'on appelle  « Vérité et Réconciliation ». Cette commission vise à rapprocher les filles et fils de ce pays et à trouver les voies et moyens d’établir les responsabilités liées aux exactions commises. Le peuple congolais a été longtemps meurtri par des actions barbares, et il est nécessaire de le reconnaître. Nous voulons offrir aux différents acteurs l’occasion de s’amender.Notre approche repose sur ce que nous appelons la repentance : réparer les fautes, rapprocher les uns des autres et frayer la voie vers un dialogue apaisé" a déclaré Dodo Kamba devant la presse à l'issue de l'entretien

Conscient de l’importance du dialogue national dans un contexte de crise sécuritaire, Israël Dodo Kamba a, lors de cette rencontre avec André Mbata, également insisté sur l’importance de l’inclusivité.

"Nous sommes favorables au dialogue. Comme le Secrétaire permanent venait de le dire toute à l'heure,  le Chef de l’État lui-même est reconnu comme un homme de dialogue, et nous l’apprécions à sa juste valeur. Toutefois, nous plaidons pour une inclusivité à la mesure du possible pour trouver réellement la paix durable. Pour y parvenir, il est essentiel d’atteindre tout le monde, y compris certaines personnes aujourd’hui en difficulté au regard des règles et lois de l’État, afin de leur donner la possibilité de réparer leurs fautes.L’exemple de l’Afrique du Sud montre que même les fautifs peuvent revenir à la raison, présenter des excuses et demander pardon à la population.

Ce processus pourrait, à terme, ouvrir la voie à un plaidoyer en faveur de la clémence et de mesures de grâce de la part du Chef de l’État, dans les limites du possible, afin de décrisper le climat politique et social" a souligné Dodo Kamba

Pour Israël Dodo Kamba, le plan porté par son organisation doit intervenir avant la tenue du dialogue national et devra associer d’autres composantes de l’environnement sociopolitique congolais pour y parvenir. 

"Nous estimons que cette commission doit être mise en place avant le dialogue. Elle constitue un préalable, non pas une condition sine qua non, mais la voie la plus appropriée pour rapprocher les uns des autres et préparer le terrain, même entre ceux que certains considèrent aujourd’hui comme incompatibles.Il s’agit d’un travail essentiellement pastoral. Nous associerons, dans la mesure du possible, des acteurs de la société civile et des acteurs politiques engagés pour la paix et la justice. Notre objectif est de favoriser le pardon et la réconciliation" a ajouté Dodo Kamba

À l’issue d’une réunion des dirigeants africains tenue à Luanda, le lundi 9 février 2026, l’Angola a été désigné pour engager des consultations avec l’ensemble des parties congolaises concernées, en vue de créer les conditions nécessaires à la tenue d’un dialogue national intercongolais. Bien avant cette rencontre, devant les diplomates et ambassadeurs accrédités en RDC, le président Félix Tshisekedi avait reconnu l’importance du dialogue national, tout en y posant certaines conditions, lesquelles ont été rejetées par l’opposition.

De son côté, l’opposition ne cesse de réclamer la tenue de ce dialogue afin de favoriser un climat de cohésion nationale, au moment où les rebelles du M23/AFC, soutenus par le Rwanda, ont poursuivi leur progression dans l’Est du pays, s’emparant de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Clément MUAMBA