Ces derniers mois, le climat politique congolais s’est tendu, marqué par une série d’arrestations visant des figures de l’opposition. L’interpellation en décembre 2025 d’Emmanuel Ramazani Shadary, ancien candidat à la présidentielle et cadre influent du PPRD, d’Aubin Minaku il y a moins d’une semaine, ainsi que les perquisitions menées dans les locaux de la coalition CFC à Kinshasa, ont ravivé les accusations de répression politique. À cela s’ajoute le cas de Seth Kikuni, président du parti Piste pour l’Émergence, arrêté en septembre 2025 à Lubumbashi lors d’un rassemblement politique, puis condamné à un an de prison. Ces affaires symbolisent, pour l’opposition, un durcissement du pouvoir face aux voix critiques.
Au-delà de ces figures connues, plusieurs membres ou proches de partis d’opposition ont été arrêtés dans des conditions moins visibles, souvent par les services de renseignement. Les motifs invoqués sont notamment la collaboration présumée avec des groupes armés, atteinte à la sûreté de l’État ou diffusion de fausses informations. Ce qui est régulièrement contesté par les intéressés et par les organisations de défense des droits humains. Ces arrestations alimentent le sentiment d’un rétrécissement de l’espace démocratique, dans un contexte où la justice est perçue par certains acteurs comme un instrument politique, surtout à l’approche d’échéances électorales sensibles.
Ces tensions politiques se déroulent alors que la convocation d’un dialogue national inclusif, pourtant jugé essentiel pour faire face à la crise sécuritaire et aux autres crises que traverse le pays, tarde à se matérialiser. Malgré une feuille de route adoptée par les confessions religieuses et la Présidence, les autorités évoquent des contraintes d’agenda, tandis que les forces socio-politiques et certains partenaires internationaux, comme la France, rappellent l’urgence de ces assises pour préserver l’unité nationale.