Kinshasa et Brazzaville renforcent la coopération militaire pour la sécurité commune des frontières

Les ministres de défense de deux Congo saluant la drapeau de l'armée congolaise
Les ministres de défense de deux Congo saluant la drapeau de l'armée congolaise

Le Vice-premier Ministre de la Défense nationale Guy Kabombo séjourne à Brazzaville, capitale de la République du Congo, dans le cadre du renforcement de la coopération militaire entre la RDC et le Congo, deux pays frontaliers. Selon le cabinet de Guy Kabombo, cette visite vise un rapprochement stratégique et de consolidation de la coopération militaire bilatérale afin de renforcer la confiance mutuelle pour la sécurité le long des frontières communes.

Pour le ministre de la Défense nationale de la République du Congo, Charles Richard Mondjo, ces échanges ont pour objectif de renforcer la solidité diplomatique des relations entre Brazzaville et Kinshasa afin de faire face aux défis sécuritaires communs. Il a, par ailleurs, réaffirmé que la République du Congo ne servira pas de base arrière pour porter atteinte à la sécurité de la sous-région.

« Je tiens à réaffirmer avec clarté que la République du Congo n'entreprendra aucune action susceptible de porter atteinte à la sécurité collective et à la stabilité de notre région. À ce jour, la dimension majeure de notre coopération concerne la formation militaire dans nos deux pays. Les dispositifs actuels de formation offrent un environnement propice au développement d'une coopération sud-sud, dynamique et structurante », a affirmé le ministre de la Défense nationale de la République du Congo, Charles Richard Mondjo.

Il reconnaît l’importance de cette question essentielle de la sécurité commune le long des frontières communes, terrestres, maritimes et fluviales.

« Notre préoccupation partagée est d'en faire des espaces sûrs et maîtrisés, favorisant une circulation fluide au service des échanges commerciaux et, par conséquent, du développement de nos pays. Les incidents susceptibles de survenir le long des 1 200 km de frontière fluviale, par nature difficile à contrôler dans leur intégralité, doivent être traités par les mécanismes de dialogue et d’intérêts étatiques existants, dans le respect des liens de fraternité et d'amitié qui unissent nos deux peuples et nos chefs d'État », a ajouté M. Mondjo.

Pour Guy Kabombo, la RDC attend de ses voisins un soutien aux initiatives diplomatiques en cours la loyauté entre États.

« Les attentes du gouvernement congolais à l'égard des pays amis, y compris la République sœur du Congo, consistent à accompagner loyalement les processus en cours et les mécanismes qui en découlent, notamment le mécanisme conjoint de vérification élargi plus. Nous espérons que les amis de la RDC ne céderont pas au schéma des manipulations fondé sur des prétextes anciens et fallacieux. Nous visons à transformer l'Est de notre pays en réservoir de ressources appuyées », a fait savoir Guy Kabombo.

Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l’agression rwandaise contre la République démocratique du Congo à travers la rébellion de l’AFC/M23, qui occupe de vastes pans du territoire national dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Elle coïncide également avec l’absence de résultats probants des initiatives diplomatiques en cours. Alors que, sur le papier, des avancées sont enregistrées dans les processus de Washington et de Doha, la réalité sur le terrain demeure tout autre.

Il y a quelques années, le rapprochement entre Brazzaville et Kigali avait été mal perçu par certains Congolais à Kinshasa, au regard du rôle jugé néfaste du Rwanda dans la déstabilisation de l’Est de la RDC. Malgré cette perception, les autorités brazzavilloises et congolaises ont toujours réaffirmé leur volonté de travailler ensemble pour le bien-être des deux peuples. Le Président Félix Tshisekedi de la RDC se rend régulièrement auprès de son homologue Denis Sassou Nguesso. Leurs différentes rencontres visent à aborder des questions cruciales, notamment la situation sécuritaire dans la sous-région, ainsi que d’autres défis internationaux.

Clément MUAMBA