Le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi a présidé ce mardi 10 février à Kinshasa, la cérémonie couplée de la sortie de la neuvième promotion et l’entrée de la dixième promotion de l’Ecole Nationale de l’Administration (ENA), qui a coïncidé également à la dixième année d'existence de cet établissement, crucial au renforcement de l’administration publique.
Dans son discours en présence de la première ministre, du président du sénat et de plusieurs membres du gouvernement, le président de la République a insisté sur le nom que porte la neuvième promotion de l’ENA : « Mamadou Ndala », interpellant les Enarques sur l’intégrité, la discipline et le courage qu’avait incarnés cet officier de l’armée congolaise. Félix Tshisekedi les a par ailleurs appelés à combattre notamment la corruption, l’inefficacité ainsi que l’arbitraire.
« Placer votre promotion sous le nom de Mamadou Ndala n'est pas un simple emblème ; c’est un héritage, bien plus qu’une responsabilité. Porter ce nom c’est vous obliger à la hauteur d’intégrité, de discipline et de courage. Si le général Mamadou Ndala est tombé sur le champ de bataille pour la défense de l’intégrité territoriale, votre champ de bataille à vous sera celui de l’administration publique. Vous devrez combattre la corruption, l’inefficacité, l’arbitraire et le mépris de l’usagers », a insisté le chef de l’Etat.
Il a, en outre, réitéré son engagement à bâtir une administration compétente, loyale, disciplinée, efficace, juste qui protège, régule, facilite, planifie et qui rende des comptes, martelant sur le rajeunissement compétitif et qualitatif de l’administration publique, avec à la clé, des gens compétents, attachés à l’intérêt général, ne relevant d’aucune obédience, mais des jeunes conscients des enjeux de l’ère.
« Un Etat fort ne se décrète pas, il se construit d’abord par la qualité de ses ressources humaines, par une chaîne de commandement claire, par des procédures simples, par une culture du résultat et par une éthique rigoureuse », a ajouté Félix Tshisekedi.
Prenant la parole, le vice-premier ministre chargé de la fonction publique, Jean-Pierre Lihau a pour sa part mis l’accent sur la transmission du flambeau républicain, un passage de relais entre générations qui, d’après lui, doivent « servir l’Etat avec rigueur, honneur et responsabilité ». Il a signifié que la réforme de l’Etat commence par la qualité des femmes et des hommes qui l'incarnent et lui servent avec loyauté.
Le directeur général de l’ENA, Tombola Muke a, en effet, présenté l’échantillon de 842 Énarques et Administrateurs Civils, venus des quatre coins du pays, recrutés sur concours, formés avec rigueur et exigence, promotion après promotion, au fil de la dernière décennie. « Ils ont suivi un programme de formation intensif et hautement compétitif d’un volume horaire de 825 heures de formation en salle, réparties en 38 cours, structurés autour de quatre grands modules, à savoir : intégration, management, territoires et grands enjeux contemporains », a-t-il expliqué.
Aussi, il s’est félicité de l’appui des partenaires, notamment belges et français, qui a permis à repenser le programme de formation initiale sur le développement des compétences : « Il s’articule désormais autour de 49 cours, pour un volume porté à 1.373 heures, enrichi par un programme intensif d’anglais tout au long de la scolarité et par l’animation d’un club de la pensée critique, avec en toile de fond, l’objectif assumé de former des administrateurs civils parfaitement bilingues ».
Samyr LUKOMBO