RDC : Kinshasa attend de Lourenço des « pré-consultations » pour un dialogue intercongolais, sans impunité (Muyaya)

Le président de l'Angola, João Lourenço/Ph droits tiers

Le gouvernement congolais a indiqué mercredi attendre du président angolais João Lourenço qu’il mène des consultations préalables avec l’ensemble des acteurs congolais afin de créer les conditions d’un dialogue national, lequel devra se tenir en République démocratique du Congo et ne consacrera « aucune forme d’impunité », a déclaré sur RFI le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

« Il va faire une forme de pré-consultation des différentes parties », a expliqué M. Muyaya, précisant que, conformément à la position réaffirmée par le président Félix Tshisekedi, le dialogue entre Congolais « se tiendra en République démocratique du Congo ». Ce dialogue, a-t-il insisté, « ne consacrera aucune forme d’impunité », estimant que « c’est l’impunité dont bénéficient certains acteurs qui est à la base de la répétitivité des conflits » dans l’est du pays.

Interrogé sur la possibilité d’un échange avec l’ancien président Joseph Kabila, reçu en décembre à Luanda par les autorités angolaises, M. Muyaya a recentré le débat sur ce qu’il qualifie d’« agression » contre la RDC. Il a estimé que les prises de position récentes de M. Kabila, qui a publiquement justifié le combat du M23 après avoir combattu ce mouvement par le passé, l’apparentaient à un « complice de l’agression ». « Il y a des gestes qu’il n’aurait jamais dû poser », a-t-il déclaré, ajoutant que « tout dépendra du rapport que, le moment venu, le président Lourenço fera de ses différentes consultations ».

Ces déclarations interviennent au lendemain d’une réunion à Luanda entre les présidents angolais, congolais et togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, en présence de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, représentant les facilitateurs désignés par l’UA pour le processus de paix en RDC. À l’issue de la rencontre, les participants ont appelé à un cessez-le-feu et confié à l’Angola le mandat d’engager des consultations avec l’ensemble des parties congolaises en vue de créer les conditions d’un dialogue intercongolais.

Le communiqué final a également rappelé les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington du 4 décembre 2025 ainsi que des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU, relatives notamment au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et à la neutralisation des FDLR.

Le président Tshisekedi a, de son côté, réaffirmé ces dernières semaines son ouverture à un dialogue national, tout en soulignant qu’il ne saurait « relativiser une agression ni diluer des responsabilités établies ». Il a précisé que ce dialogue, s’il se tient, devra être organisé sur le sol congolais par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution, tout en saluant les bons offices du président Lourenço, actuel président en exercice de l’Union africaine.