La diplomatie régionale autour de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC s’est fortement intensifiée. Le président angolais João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine, a multiplié les consultations, notamment avec des responsables religieux congolais, le président Félix Tshisekedi et plusieurs acteurs politiques. Ces démarches interviennent dans un contexte marqué par la persistance des violences et par l’impasse des négociations sur les protocoles complémentaires de l’accord entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Bien que l’Angola ait officiellement renoncé à son rôle de médiateur en mars 2025, il opère aujourd’hui un retour progressif et discret dans le dossier congolais. João Lourenço a engagé des consultations élargies, recevant notamment l’ancien président Joseph Kabila et son entourage, tout en établissant des contacts avec l’AFC/M23. Cette relance diplomatique nourrit des interrogations sur l’éventuelle mise en place d’un nouveau cadre de négociation, sans qu’aucune annonce formelle n’ait été faite. Kinshasa, pour sa part, reste prudente et n’a pas confirmé l’ouverture d’un nouveau processus.
L’AFC/M23 a exprimé sa méfiance face à cette multiplication des initiatives. Dans une lettre adressée à João Lourenço, son coordonnateur Corneille Nangaa demande des clarifications sur la nature de la démarche angolaise et sur son articulation avec le processus de Doha. Le mouvement dénonce une dispersion des forums de paix — Nairobi, Luanda, Doha, Washington — qu’il juge contre-productive, et accuse Kinshasa de manque de cohérence et de manipulations diplomatiques.
La dynamique s’est élargie avec l’entrée en scène plus active du Togo, dont le président Faure Gnassingbé est désormais médiateur désigné par l’Union africaine. Une réunion de haut niveau est prévue à Lomé afin de renforcer la coordination des initiatives régionales et internationales. Malgré l’implication des États-Unis, du Qatar et de l’UA, et les accords déjà entérinés, la situation sur le terrain reste préoccupante. Les discussions de Washington comme celles de Doha peinent à produire des résultats concrets, tandis que les affrontements se poursuivent, alimentés par les blocages diplomatiques et les divergences persistantes entre les parties.