Nuit des pianos : la sonorité dans les doigts de Fa Dièse 

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Prestation de Fa Dièse

Au cours d’une soirée consacrée aux pianos, dans le cadre de la préparation du Festival Pianos de Kinshasa, l’artiste pianiste Fa Dièse a régalé le public de tout son talent. Ce mercredi 5 juin, à la résidence de l’ambassadeur suisse en RDC, c’était au tour de Fa Dièse d’éblouir avec les sonorités pianistiques qui constituent son répertoire et ses connaissances de cet art.

Pendant un peu plus d’une heure Fa Dièse st allé chercher dans le mélange entre les musiques classiques, la rumba, la musique de recherche et bien d’autres rythmes pour donner un cocktail de sonorités dans les oreilles de l’ambassadeur de la Suisse en RDC, des consuls, des artistes, des journalistes, des scientifiques et bien d’autres qui ont constitué la quarantaine de participants ce soir-là. 

Une prestation, une énergie, un savoir-faire

Dans ses prestations, l’artiste pianiste Fa Dièse, du haut de sa vingtaine d’années de carrière, donne toujours le meilleur de lui. Chemise en pagne, dreadlocks sur la tête remis vers la gauche, verre de bière à la main, lunette vue claire, montre collée à la main gauche, Fa Dièse monte sur la scène, juste à proximité d’une piscine, autour de 19h. Il souhaite santé à tous les invités et se met autour de trois pianos, dont un provient spécialement de la Suisse. Il en un devant, à gauche et derrière. Début de la prestation.

Avec comme particularité le mélange de plusieurs doigts, celui qui dit avoir appris le piano sans maître s’inspire d’autres pianistes et de la nature. Il communique sa joie la plus profonde avec le son qu’il produit avec les instruments à sa disposition. Fa Dièse distille son savoir-faire dans les  sonorités d’ici et d’ailleurs. A une main ou deux mains, il jongle merveilleusement entre le noir et le blanc pour produire des mélodies à enchanter le public. 

« J’ai un plaisir à jouer le piano qui dépasse tout dans ce monde. Quand je joue au piano, je me sens au ciel. Ce n’est pas une première ici chez l’ambassadeur suisse, je l’ai déjà fait et je me sens chez moi, je me sens défoulé », a confié Fa Dièse à ACTUALITÉ.CD après sa prestation.

Photo Du zouk avec des sons plus classiques, oui. Mais la marque de fabrique de la musique congolaise reste la rumba, que Fa Dièse a joué vers la fin de sa prestation. Peut-être parce que le meilleur vient pour conclure en beauté. Sur les 8 rythmes qu’il a exécutés dans sa prestation, Fa Dièse n’a fait intervenir la rumba qu’au sixième, septième et huitième rang. Il s’est agi de la chanson “Coup de foudre” de Gatho Beevans.

C’était non sans rappeler les plus nostalgiques les souvenirs du succès retentissant de cet artiste et sa musique qui pour certains « n’est pas faite de chansons mais des œuvres d’art musicales qui vont perdurer et traverser les générations ». 

Et pour conclure, Fa Dièse a balancé le rythme bien connu de Mario, la chanson de Françis Luamba Makiadi. Un tube qui à traversé le temps et dont les très jeunes connaissent par cœur alors que l’interprète de la chanson a quitté ce monde depuis plus de 30 ans. Avec maestria, seul sur scène, le pianiste à l’honneur lors de cette soirée a conclu avec ce son dont les artistes musiciens congolais s’inspirent encore à ce jour.

Pianos de Kinshasa

La nuit des pianos est une initiative du Festival Pianos de Kinshasa qui est devenu une biennale. Ayant été tenu en 2023, le festival revient en 2025 pour que l’organisation soit meilleure. Ce sera la quatrième édition et est projetée comme d’habitude, en octobre. David Shongo est le directeur artistique de ce festival qui est le seul de musique axé sur le piano et les pianistes en RDC et en Afrique subsaharienne. 

Pianos de Kinshasa a vocation à développer différents thèmes de discussion et de réflexion tout au long de près de 10 jours qu’il prend dans son exécution. Le piano est mis en avant avec d’autres appareils musicaux à claviers ou des instruments congolais à cordes frappées et à clavier, tels que le clavecin, le xylophone, le synthétiseur, le Likembe ou le Madimba.

La ville de Kinshasa a connu pour la troisième fois ce festival consacré à l’instrument “piano” entre le 1ᵉʳ et le 7 octobre 2023. La programmation artistique a connu des prestations de différents artistes en duo ou en solo, dans les terrasses ou espaces culturels. Le thème était “Intervalles”, compris comme distance qui sépare deux notes dans la musique mais également comme celle qui les relie.

Pianos de Kinshasa n’est pas qu’un festival parmi tant d’autres, il se démarque par son originalité, ses thématiques et ses initiatives. L’un des projets innovants, débuté à la deuxième édition et qui se poursuit pendant 5 ans, est celui d’imaginer et confectionner un piano congolais. Cela pour pallier le manque de cet instrument de musique à cordes frappées dont le prix d’achat n’est pas accessible au grand nombre.

« Nous y travaillons déjà et en discutons avec nos partenaires. Nous sommes contents de ce que nous avons comme vision pour l’édition prochaine, qui sera encore plus ambitieuse et mieux structurée au niveau de l’organisation. La thématique sera axée sur les processus de création électro-acoustique et sur la musique générée par l’intelligence artificielle. Les dates seront annoncées d’ici peu, et Actualité.cd sera la première à être invitée pour annoncer les dates et la thématique », disait David Shongo à ACTUALITÉ.CD en début d’année.

L’organisation veut prendre en compte le fait que le festival grandit. Elle travaille pendant toute cette année dans d’autres initiatives qui met les artistes sur scène avec cet instrument de musique pour ne pas exclusivement attendre les dates du festival. La nuit des pianos fait partie de ces initiatives et se tient d’un lieu à un autre. La prochaine activité est prévue fin juin avec Taluyobisa qui joue au Madimba.

Kuzamba Mbuangu