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Photo ACTUALITE.CD.

La cour militaire a rouvert lundi 20 août à Bunia le procès des présumés auteurs des tueries à Djugu, une année après sa suspension officiellement « faute des moyens financiers ».

Ce procès était ouvert en juillet 2018 à la satisfaction des Ituriens. Ce jour, la justice militaire a repris le dossier « grâce à l’avènement de nouvelles autorités » à la tête de l’Ituri.

« Le gouvernement entrant à travers le gouverneur Jean Bamanisa a financé les audiences parce qu’il met l’accent sur la justice. Parmi les solutions pour la paix à Djugu, la lutte contre l’impunité fait partie, il faut juger les gens, et c’est ainsi qu’il a mis l’accent sur la justice », explique à ACTUALITE.CD, le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’armée en Ituri.

Une dizaine de prévenus étaient décédés en prison. 62 présumés auteurs des tueries vont devoir comparaître.

« Il y a 62 prévenus qui sont restés sur les 75, 14 sont décédés en prison. Nous sommes toujours à l’étape de l’instruction, il y a continuation. Pour certains cas, nous allons organiser des descentes sur terrain à Djugu et à Fataki pour confronter les faits comme c’était le cas le mois passé à Tshomia. », ajoute M. Ngongo.

Après la vague des violences de 2018, les tueries ont resurgi en avril dernier dans le territoire de Djugu. L’armée a identifié un certain « Ngudjolo » comme le chef de la milice dont les hommes opèrent dans plusieurs localités et dans la chefferie de Mokambo en territoire de Mahagi. 

Mgr Dieudonné Uringi, évêque du diocèse de Bunia, a dénoncé pour aussi, l’existence d’une secte mystico-religieux dénommée CODECO encourageant les violences qui ont déjà fait plus d’une centaine de morts dans le territoire de Djugu. L’armée a annoncé dimanche avoir démantelé ce groupe armé après les offensives menées depuis le 27 juin pour la conquête du bastion des miliciens situé dans la forêt Wago dans le cadre de l’opération « Zaruba ya Ituri (Ndlr : la tempête de l’Ituri) ». 

Le territoire de Djugu avait déjà été secoué par des violences meurtrières en 2017 et 2018. Plus de 200 civils étaient tués, des villages entiers incendiés et plus de 2000 personnes avaient traversé le lac Albert pour vivre en Ouganda. Des centaines de déplacés internes arrivés à Bunia étaient installés autour de l’hôpital général. Cette année, le HCR a dénombré plus de 300 000 personnes qui ont fui les violences depuis début juin dans les territoires de Djugu et Mahagi.

Patrick Maki