La consolidation de la paix et de la sécurité, fondements indispensables de toute ambition de développement durable ainsi que d’intégration régionale et continentale, constitue l’un des piliers majeurs de la présidence burundaise à la tête de l’Union africaine. C’est ce qu’a déclaré le Président burundais, Évariste Ndayishimiye, dans son discours d’acceptation prononcé à l’occasion du 39ᵉ sommet de l’Union africaine, ce samedi 14 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie.
Devant plusieurs personnalités et ses homologues africains, Évariste Ndayishimiye a affirmé que la paix est la condition essentielle de la stabilité institutionnelle, de l’investissement productif, de la cohésion sociale ainsi que de la confiance entre les peuples et les États.
Insistant particulièrement sur le mot " paix ", le successeur de Pierre Nkurunziza a reconnu que le retard de développement qu’a connu le Burundi est en grande partie lié aux conflits, alors même que le pays disposait d’atouts considérables pour son développement.
"Dans notre exercice de la présidence, nous ne ménagerons aucun effort en faveur de l’initiative « faire taire les armes », qui incarne l’aspiration profonde de nos peuples à vivre dans la sécurité, la dignité et l’espérance. Nous voudrions que l’Union africaine accorde une attention particulière au renforcement et à la complémentarité entre l’architecture africaine de paix et de sécurité, et l’Architecture Africaine de gouvernance, dans une approche intégrée reliant prévention des conflits, alerte précoce, diplomatie préventive, médiation, gouvernance inclusive et reconstruction post-conflit ; en étroite coordination avec les Communautés Économiques Régionales et les Mécanismes Régionaux de rétablissement de la paix" a déclaré le Président burundais, Évariste Ndayishimiye
Se référant à l’expérience de son pays, Évariste Ndayishimiye a affirmé que la paix durable se construit à travers des processus inclusifs de dialogue permanent, de réconciliation, de renforcement de la cohésion nationale et de consolidation des institutions. Dans cette stratégie, la participation des jeunes et des femmes est également pleinement prise en compte.
"L’expérience acquise sur notre continent démontre que la paix durable se construit à travers des processus inclusifs de dialogue permanent, de réconciliation, de renforcement de la cohésion nationale et de consolidation des institutions. Elle repose également sur la promotion d’une gouvernance participative, de la justice et du développement économique équilibré, ainsi que sur la prise en compte des facteurs structurels de fragilité, notamment la pauvreté, les inégalités persistantes, l’exclusion des jeunes et la marginalisation de certaines composantes de nos sociétés. Nous allons à nouveau recourir au dynamisme et à la bonne foi de la jeunesse, tout en associant également les femmes, pour réfléchir sur une stratégie durable de prévention des conflits en Afrique", a fait savoir Evariste Ndayishimiye
Pour l’année 2026, le Bureau de l’Union africaine se présente comme suit : la présidence est assurée par la République du Burundi (région Centre) ; le poste de premier vice-président revient au Ghana (région Ouest) ; celui de deuxième vice-président à la Tanzanie (région Est) ; le troisième vice-président, issu de la région Afrique du Nord, reste à confirmer ; tandis que le poste de rapporteur est occupé par l’Angola.
Le Burundi assume la présidence rotative de l’Union africaine pour la première fois depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963, devenue Union africaine. Le pays a déjà assuré la présidence de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), dirige actuellement le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) et siège également au Bureau de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).
Clément MUAMBA