RDC : en janvier, le Sud-Kivu a continué de faire face à une forte pression épidémique de mpox, du choléra et de la rougeole (OCHA)

Prise en charge des malades de choléra
Prise en charge des malades de choléra

Au mois de janvier de l’année en cours, la province du Sud-Kivu, également touchée par de violents affrontements opposant la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, aux forces gouvernementales, a continué de faire face à une forte pression épidémique, marquée par la recrudescence des cas de mpox, de choléra et de rougeole. 

Cette situation a été révélée mardi 17 février 2026 par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) dans son volet consacré à la situation épidémiologique.

S’agissant de l’épidémie de mpox, au 28 janvier (semaine épidémiologique 4), 1 109 nouveaux cas, dont un décès, ont été enregistrés. Depuis le début de l’épidémie en 2023, les 34 zones de santé de la province sont affectées, avec une forte concentration des cas dans les zones de santé de Miti-Murhesa, Nyangezi, Nyantende, Kabare, Kadutu, Minova, Walungu et Kamituga.

Concernant le choléra, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) relève que 2 318 nouveaux cas, dont 33 décès, ont été enregistrés jusqu’au 28 janvier. Les zones de santé d’Uvira, Fizi, Nundu, Itombwe, Ibanda, Kalehe et Ruzizi étaient en situation épidémique à cette date.

Pour ce qui est de la rougeole, l’agence onusienne en charge de la coordination humanitaire indique que 1 707 nouveaux cas, dont sept décès, ont été notifiés jusqu’au 28 janvier. Les zones de santé de Kamituga, Minova, Nyangezi, Bunyakiri, Lulingu, Bagira, Idjwi, Nyantende, Kalehe et Kaziba étaient également en situation épidémique.

Rappelons-le, l’épidémie de choléra déclarée officiellement en République démocratique du Congo l’année dernière continue de faire des victimes. Au moins 36 personnes sont décédées depuis le début de l’année dans la province du Sud-Kivu. Selon les données de la Division provinciale de la santé, ces décès représentent un peu plus de 1 % des 2 670 cas enregistrés.

Face à la gravité de la situation, le gouvernement central a décidé de répondre favorablement aux préoccupations de la ville d’Uvira, récemment repassée sous le contrôle des autorités de Kinshasa. 

D’après le ministère de la Santé publique, cette intervention constitue une réponse gouvernementale aux pillages qu’a connus la ville à la suite du retrait de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.

"Un gros plan a été fait sur la situation de cette épidémie dans la ville d’Uvira où  il a été enregistré 61 cas suspects dont 9 confirmés au cours de cette semaine. Considérant le récent pillage intervenu dans cette partie du pays, le Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale a mis à disposition 40 tonnes de matériels, d'équipements, de médicaments, de réactifs de transfusion ainsi que d'autres intrants indispensables au profit de l'ensemble des établissements de soins de santé (ESS) d'Uvira", rapporte le compte-rendu de la 78e réunion du Conseil des Ministres tenue vendredi 13 février. 

Clément MUAMBA