L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) a procédé, ce jeudi 19 février 2026, à la salle Naomie de l'hôtel Béatrice à Kinshasa, au lancement officiel de la nouvelle carte de presse, dénommée "Carte d’identité professionnelle du journaliste congolais".
Organisée dans le cadre du processus de réforme, de professionnalisation et d’autorégulation du secteur des médias en République démocratique du Congo, cette cérémonie marque, selon les organisateurs, une étape majeure dans la mise en œuvre des engagements nationaux en faveur d’un journalisme responsable et crédible.
À cette occasion, le président de la Commission chargée de la carte, Charles Dimandja Wembi, a présenté de manière détaillée les composantes et les éléments de sécurité de ladite carte, avant de remettre le spécimen au président national de l’UNPC, Kamanda wa Kamanda Muzembe.
"Tous les journalistes porteurs de la nouvelle carte d’identité professionnelle du journaliste congolais seront repris dans un annuaire qui sera actualisé fréquemment pour permettre à l’opinion publique d’avoir une information fiable sur le nombre de journalistes congolais. Cette carte a été fixée sur un PVC rigide et plastifié. Le format, c’est le format de la carte de visite. L’impression est en recto verso en haute définition. Les dispositifs de sécurité contenus dans cette carte : vous trouverez des dispositifs optiques, un filigrane intégré à la fabrication du PVC, un hologramme sécurisé personnalisé UNPC, imprimé à l’encre de sécurité anti-scan et anti-photocopie" a expliqué le président de la Commission chargée de la carte, Charles Dimandja Wembi.
Selon lui, la carte intègre également des micro-motifs imprimés ainsi que des dispositifs numériques, notamment un code QR relié à la base de données de l’UNPC, un code-barres individuel correspondant à l’identifiant numérique du requérant, ainsi qu’un numéro de série unique propre à chaque carte.
"Cette carte en PVC est résistante à la chaleur jusqu’à 80°C, à l’humidité, aux rayons UV et aux rayures. La sécurisation des éléments variables que vous trouverez dans la carte, c’est la photo du journaliste, son nom et son prénom, sa fonction, la signature autorisée de l’UNPC notamment celle du président de la corporation pour conférer à cette carte une légitimité indiscutable ainsi que la signature du président de la commission de la carte pour certifier la légitimité technique, ce qui signifie que la carte a été étudiée au niveau de la commission. Enfin, parmi d’autres éléments, vous avez le cachet numérique et le cachet holographique"a-t-il expliqué lors de son intervention
Et de poursuivre :
"C’est cette carte-là désormais qui sera valable pour confirmer l’identité professionnelle de son porteur. Ce sont ces documents, non seulement la carte que je vais remettre au président de la corporation, mais également les coupons qui vont permettre aux journalistes véhiculés de pouvoir circuler librement pour exercer leur métier. À ce sujet, nous entrerons en contact avec les autorités de la place pour expliquer la philosophie de la nouvelle carte de presse et également avec les patrons d’entreprise pour dire que désormais, quiconque se présente comme journaliste professionnel doit exercer avec cette nouvelle carte"
Dans sa prise de parole, le directeur de cabinet du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, empêché, Nicolas Lianza, a rappelé que cette nouvelle donne professionnelle et légale est consacrée par l’ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023 fixant les modalités d’exercice de la liberté de la presse en République démocratique du Congo, notamment en son article 3, alinéa 1, ainsi qu’aux articles 8 et 11.
"Je salue la concrétisation de l’engagement pris lors du dixième Congrès ordinaire de l’UNPC, « ce Congrès de la Renaissance ». La relance, ce jour, de la carte d’Identité Professionnelle marque une étape structurante, celle de la consécration d’une autorégulation désormais harmonisée par des textes clairs, portée par une équipe renouvelée et adossée à un dispositif sécurisé et transparent. Cet acte s’inscrit dans la mise en œuvre des réformes engagées depuis les États Généraux de janvier 2022, dont nous avons collectivement la responsabilité d’en assurer l’aboutissement" a-t-il indiqué dans son discours
S’agissant de la qualité et de la responsabilité professionnelle, le représentant du ministre Patrick Muyaya Katembwe s’est exprimé en ces termes :
"En effet, au sens de l’Ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023, dite « Loi Muyaya », la Carte d’Identité Professionnelle confère officiellement à son titulaire la qualité de professionnel des médias. Mais au-delà de cette reconnaissance juridique, elle constitue un engagement. Elle rappelle que l’exercice du journalisme suppose d’assumer pleinement la responsabilité de ses actes. Être journaliste en République Démocratique du Congo aujourd’hui, dans un contexte marqué par la guerre informationnelle orchestrée par le Rwanda, exige une conscience aiguë de sa mission et de sa responsabilité. La responsabilité professionnelle impose le respect strict de l’éthique et de la déontologie, le refus de la désinformation et des discours de haine, ainsi qu’un engagement résolu en faveur de la cohésion nationale et de la consolidation du processus de paix. La carte n’est pas un privilège. Elle est un engagement", a-t-il interpellé dans son discours
Pour le président de cette autorité d’autorégulation, Kamanda wa Kamanda Muzembe, cette carte est un instrument de crédibilité et de reconnaissance du travail du journaliste congolais. Elle ne sera délivrée qu’aux congolais qui se conformeront aux critères mis en place par la commission spécialisée. Elle vient ainsi contribuer, de manière efficace et permanente, à la salubrité médiatique initiée par le Ministre Patrick Muyaya en République Démocratique du Congo.
"La carte de presse que nous présentons aujourd'hui n'est pas un simple document administratif, elle est un instrument de crédibilité, de protection et de responsabilité. Elle est une réponse concrète à la recommandation n°70 des États généraux qui appelaient à la réforme structurelle de l'UNPC et à la modernisation de ces instruments. Dans un environnement médiatique fragilisé par l'usurpation de la qualité de journaliste, la confusion des rôles et certaines dérives contraires à la déontologie, la professionnalisation n'est plus une option, elle est une exigence démocratique. Un journaliste identifié, formé et reconnu, est un acteur de l'État de droit, il participe à la transparence, à la redevabilité et à la cohésion nationale", a fait savoir l'ancien correspondant de RFI à Kinshasa
Le nouveau comité directeur de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) avait décidé de reconduire la suspension de la délivrance de la carte de presse en République démocratique du Congo, ainsi que des attestations tenant lieu de carte. Son président, Baudouin Kamanda wa Kamanda Muzembe, l’a annoncé mardi 1er octobre 2024 à l’issue de la cérémonie de remise-reprise avec l’équipe sortante, représentée par Shabani Bin Sueni, au siège national de l’Union à Kinshasa, capitale de la RDC.
Cette décision, prise par le nouveau comité après le 10ᵉ congrès, vise à assainir la profession et à lutter contre les intrus. Elle s’inscrit dans un contexte de volonté de réorganisation de la corporation par le nouveau comité de l’UNPC. Grâce à cette nouvelle carte, l’UNPC remplit pleinement sa mission d’autorégulation des médias, conformément à l’ordonnance-loi n°23/009 du 13 mars 2023, dite « loi Muyaya », relative à la liberté de la presse en RDC.
Clément MUAMBA