Est de la RDC : Moïse Katumbi se félicite de l’appel du Congrès des États-Unis à un dialogue national pour s’attaquer aux causes profondes de la crise

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Moïse Katumbi

Le président de Ensemble pour la République, Moïse Katumbi Chapwe, a salué le récent communiqué bipartisan du Comité des relations étrangères du Sénat américain, appelant à une mise en œuvre rapide et effective des Accords de Washington. Cette réaction s’inscrit dans le prolongement des recommandations formulées à l’issue des auditions de la Sous-commission Afrique de la Chambre des représentants des États-Unis d’Amérique.

Dans un communiqué rendu public vendredi 20 février depuis Bruxelles, en Belgique, l’ancien gouverneur du Katanga avant le découpage territorial s’est dit particulièrement satisfait de la reconnaissance, par le Congrès des États-Unis, de la nécessité d’organiser un dialogue national crédible et inclusif afin d’aborder, de manière cohérente et globale, les causes profondes de la crise actuelle.

Une telle démarche, estime-t-il, est essentielle pour garantir la stabilité à long terme, la cohésion nationale et la prospérité de la République démocratique du Congo. Selon Moïse Katumbi Chapwe, elle contribuera également à renforcer durablement le partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC, en créant un environnement favorable à la pleine application des Accords de Washington.

"Ce communiqué bipartite vient conforter la résolution H.R. 559 (2025), introduite à la Chambre des représentants par le Congressman Chris Smith, qui appelle à la cessation des hostilités, à l’organisation d'un dialogue national inclusif et au respect strict de la limitation constitutionnelle à deux mandats présidentiels, conformément aux articles 218, 219 et 220 de la Constitution de la République démocratique du Congo", renseigne le communiqué.

Dans le même document, celui que l’on surnomme "Chairman", Moïse Katumbi Chapwe, a tenu à exprimer sa gratitude au président des États-Unis, Donald J. Trump, ainsi qu’aux membres du Congrès américain, pour leur engagement constant, leur vigilance et leur leadership en faveur d’un règlement durable de la crise congolaise et de la stabilité régionale. Il a également remercié l’Union africaine, l’Angola, le Qatar, le Togo, l’Union européenne ainsi que l’ensemble des partenaires impliqués dans la recherche d’une solution durable à cette crise.

Après plusieurs appels insistants des acteurs socio politiques congolais en faveur de la convocation urgente d’un dialogue national pour faire face à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, le chef de l’État Félix Tshisekedi, a profité de la cérémonie d’échange de vœux avec les diplomates et ambassadeurs accrédités en RDC pour faire le point sur cette initiative très attendue. Tshisekedi a reconnu que, dans ce contexte particulier, l’unité nationale s’impose plus que jamais comme une exigence fondamentale. 

Toutefois, il a posé des conditions: ce dialogue ne doit en aucun cas remettre en cause les institutions issues des élections. Il doit se tenir sur le territoire national et sous la conduite des institutions de la République. Ce dialogue intérieur, aussi nécessaire soit-il, ne saurait se substituer aux obligations internationales : il ne peut être invoqué ni pour relativiser une agression ni pour diluer des responsabilités clairement établies, a insisté le Président de la République.

Le cadre ainsi fixé par Félix Tshisekedi pour la tenue d’un dialogue national continue de susciter des réactions au sein de l’environnement sociopolitique. En optant pour un dialogue piloté par les institutions de la République, la démarche de Félix Tshisekedi est perçue, dans l’environnement sociopolitique congolais, comme une volonté d’écarter du jeu le duo CENCO-ECC. Jusqu’à ce jour, ces deux confessions religieuses font pourtant largement consensus comme médiatrices auprès d’une bonne partie des partis de l’opposition et des organisations de la société civile. Du côté du pouvoir, en revanche, il leur est reproché un manque de neutralité, notamment en raison de leur refus de reconnaître l’agression rwandaise à travers l’AFC/M23.

Alors que le dialogue national tarde à être convoqué, les initiatives diplomatiques, à savoir le processus de Washington, qui vise à gérer les tensions entre Kigali et Kinshasa, ainsi que celui de Doha, consacré à la crise entre Kinshasa et l’AFC/M23, avancent sur le papier mais peinent à produire les résultats escomptés sur le terrain. Sur le terrain, il reste marqué par une escalade des violences sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, à l’Est de la RDC.

Clément MUAMBA