Walungu : plus de 105 000 personnes déplacées manquent de nourriture, abris, santé et protection (OCHA)

Les déplacés de Djugu dans un camp à Bunia/Ph ACTUALITE.CD

Au cours du mois de janvier 2026, le territoire de Walungu, dans la province du Sud-Kivu, a continué de faire face à une instabilité sécuritaire persistante, liée aux affrontements armés dans plusieurs localités. C’est ce qui ressort de l’aperçu du mois de janvier, rendu public mercredi 17 février 2026 par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

Selon ce document, en date du 13 janvier, la circulation a été interrompue sur l’axe routier Bukavu–Mugogo à la suite d’affrontements survenus dans la localité de Kidodobo. Par ailleurs, des partenaires humanitaires locaux ont signalé la présence de plus de 105 000 personnes nouvellement déplacées depuis le début du mois dans les zones de santé de Walungu, Mubumbano, Nyangezi et Kaniola.

"Ces déplacements massifs exacerbent la pression sur les communautés hôtes et génèrent des besoins humanitaires urgents, notamment en abris, nourriture, santé, protection et eau, hygiène et assainissement", précise le rapport de OCHA.

Dans un autre registre, au cours du mois de janvier 2026, des affrontements armés se sont également poursuivis dans le territoire de Kabare, toujours dans la province du Sud-Kivu. Du 17 au 21 janvier, de violents combats survenus dans les localités périphériques du Parc national de Kahuzi-Biega, notamment dans les villages de Bulolo, Busandwe, Maziba et Chahoboka, ont contraint environ 6 830 personnes (1 366 ménages) à se déplacer.

Selon des partenaires locaux, ces personnes déplacées vivent dans des conditions précaires au sein de familles d’accueil et expriment des besoins urgents en soins de santé, en eau potable, en nourriture et en abris. Par ailleurs, selon les acteurs de protection, les 11 et 12 janvier, au moins huit femmes ont été victimes de violences sexuelles lors d’incursions d’hommes armés dans les villages de Kajeje, Kasirusiru et Mema. Les partenaires humanitaires ont orienté les survivantes vers des services de prise en charge holistique.

Depuis le début de l’année 2025, l’escalade du conflit et l’intensification des attaques de la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda au Nord et au Sud-Kivu, ont déplacé des centaines de milliers de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Les violences ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés, tandis que les routes coupées et l’insécurité compliquent davantage l’accès humanitaire.

Malgré ces conditions difficiles, les acteurs humanitaires poursuivent leurs opérations vitales en négociant l’accès aux zones affectées et en fournissant des soins médicaux d’urgence, une aide alimentaire ainsi que d’autres formes d’assistance essentielle. Selon l’ONU, il est impératif de garantir un accès humanitaire rapide, sans entrave et sécurisé aux populations dans le besoin, et de lever tous les obstacles existants.

En dépit des avancées annoncées dans le cadre des initiatives de médiation  notamment le processus de Washington piloté par les États-Unis pour le dossier RDC–Rwanda et l’implication du Qatar dans la crise opposant la RDC à la rébellion AFC/M23, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Face à ce constat, de nombreuses voix appellent les parties prenantes à respecter les engagements contenus dans les différents accords et déclarations signés, afin de faire taire les armes et offrir enfin une chance à la paix après près de trois décennies de conflit.

Clément MUAMBA