La République démocratique du Congo, à travers l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), prend part, du mardi 3 au jeudi 5 février 2026 à Nouakchott (Mauritanie), à la 8ᵉ Assemblée générale et au 17ᵉ Atelier du Réseau francophone des régulateurs de l’énergie (NETO). Organisée par l’Autorité multisectorielle de régulation, cette rencontre est placée sous le thème : « Cadres réglementaires, pratiques et échanges d’expériences ».
Selon les organisateurs, ce rendez-vous de trois jours, qui réunit des représentants des organismes de régulation de l’énergie de plusieurs pays francophones, vise à examiner les cadres institutionnels et réglementaires, les expériences nationales, les dynamiques régionales et les échanges transfrontaliers. Il ambitionne également de renforcer la coordination des marchés de l’énergie, les capacités des organismes de régulation, ainsi que de tirer des enseignements pratiques adaptés au contexte spécifique de chaque pays participant.
Intervenant au nom de la République démocratique du Congo, Sylvie Olela, présidente du Conseil d’administration de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), a d’emblée salué la qualité des intervenants et la richesse des échanges d’expériences. Dans un contexte d’ouverture des marchés, elle a rappelé que la régulation va au-delà des normes et des sanctions. Celle-ci doit intégrer les enjeux actuels et les agendas politiques, tout en apportant des réponses concrètes aux besoins urgents des populations, un exercice qu’elle a qualifié de véritable travail d’équilibriste.
"Durant ces trois jours, nous allons partager nos expériences, confronter nos pratiques et renforcer le dialogue, dans un contexte où les marchés de l’énergie connaissent des mutations profondes et rapides. Cela ne nous empêchera évidemment pas d’examiner en profondeur notre thème central : l’ouverture des marchés de l’énergie, qui soulève des enjeux majeurs économiques, institutionnels, sociaux et environnementaux. Ce thème interroge le rôle du régulateur, l’équilibre entre l’attractivité pour les investisseurs et la protection des consommateurs, ainsi que la capacité de nos systèmes à accompagner la transition énergétique de manière équitable et durable. Je suis convaincue que nos attentes à l’issue de ces assises seront pleinement comblées, et que chacun repartira avec des enseignements clairs, concrets et directement applicables dans son contexte national, voire régional", a déclaré Sylvie Olela, présidente du Conseil d’administration de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE)
Dans le même registre, Madame Sylvie Olela est également revenue sur les efforts fournis par son pays pour améliorer l’accès de la population congolaise à l’électricité. Elle a émis le vœu de voir ces assises déboucher sur des propositions constructives, à la hauteur des défis énergétiques auxquels leurs États sont confrontés.
"Je me permets de finir cette allocution en vous transmettant les salutations de l’ensemble des équipes de l’ARE, ainsi que de nos autorités nationales de la République démocratique du Congo. Le secteur de l’électricité est un champ prioritaire pour notre chef de l’Etat, le président Félix-Antoine Tshisekedi qui déploient toute son énergie afin que la pays soit totalement électrifié et que l’ensemble de la population congolaise ait accès à l’électricité. Je nous souhaite des discussions riches, ouvertes et constructives, à la hauteur des défis énergétiques auxquels nos pays sont confrontés, et je forme le vœu que Nouakchott soit, pour ces quelques jours, un véritable laboratoire d’idées et de solutions au service de nos populations", a souligné Sylvie Olela
Par ailleurs, la présidente du Conseil d’administration de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) a salué les avancées enregistrées par la Mauritanie, résolument tournée vers l’avenir. Selon elle, le pays hôte met tout en œuvre pour transformer son paysage énergétique et est aujourd’hui considéré comme un modèle dans le secteur de l’énergie.
"La Mauritanie est aujourd’hui engagée dans une transformation profonde de son paysage énergétique. Elle développe les énergies renouvelables de manière innovante et efficace. Elle bénéficie notamment d’un potentiel solaire exceptionnel, lié à son climat désertique, ainsi que de perspectives importantes en matière d’énergie éolienne dans certaines régions côtières où les vents sont constants. Elle mise également sur l’hydrogène vert et bleu pour soutenir et alimenter son industrie minière. Vous comprenez dès lors que nous avons énormément à apprendre de notre aînée, membre du réseau depuis 2017. La Mauritanie constituait donc un cadre idéal pour accueillir ce 17ᵉ atelier de travail, devenu un rendez-vous désormais incontournable pour les régulateurs francophones de l’énergie" a-t-elle fait remarquer dans son discours
Rappelons-le, RegulaE.Fr a été créé le 28 novembre 2016 à l’initiative de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), en étroite collaboration avec les régulateurs ivoirien (ANARE-CI), belge (CREG) et québécois (Régie de l’énergie). Ce réseau a pour vocation de promouvoir l’échange de bonnes pratiques en matière de régulation de l’énergie entre régulateurs francophones.
Les pays francophones partagent une langue, une histoire et des valeurs constituant un héritage culturel commun, qui façonne le développement de leurs activités économiques, notamment dans le secteur de l’énergie. Cette appartenance à une même communauté linguistique a naturellement favorisé l’émergence d’une approche commune de la régulation de l’énergie, renforçant ainsi la pertinence de la coopération entre États.
À ce jour, RegulaE.Fr regroupe 35 autorités de régulation issues d’Afrique, d’Europe, des Amériques et de la région Asie-Pacifique. Le réseau permet de faciliter les échanges entre régulateurs, de renforcer la coopération technique, d’encourager le partage de connaissances et de favoriser l’accès aux dispositifs internationaux de formation. Cette dynamique contribue directement au développement des marchés de l’énergie et à la création d’un climat favorable à l’investissement dans les pays concernés. Les objectifs et l’organisation du réseau sont définis par la Charte adoptée le 28 novembre 2016 et actualisée le 12 octobre 2017.
Pour sa part, l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) est un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité juridique et d’une autonomie administrative et financière. Elle est chargée d’organiser et de promouvoir la compétitivité ainsi que la participation du secteur privé dans l’ensemble des activités liées à l’électricité. L’ARE veille également à l’équilibre économique et financier du secteur de l’électricité, ainsi qu’à la préservation des conditions économiques nécessaires à sa viabilité.
Clément MUAMBA