Luanda : une tripartite de haut niveau la RDC, la Zambie et l'Angola avec la Banque mondiale sur le corridor de Lobito

Le corridor ferroviaire angolais de Lobito
Le corridor ferroviaire angolais de Lobito

Luanda, la capitale de l'Angola, accueille du mercredi 4 février au vendredi 6 février 2026 la première réunion de coordination du corridor de Lobito, réunissant les ministres des Finances, des Transports, ainsi que du Commerce et de l’Industrie de l’Angola, de la République démocratique du Congo (RDC) et de la Zambie. 

À cette rencontre, la Banque mondiale est représentée par sa directrice générale des opérations, Anna Bjerde, accompagnée de son collègue Albert Zeufack, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC, le Burundi, l'Angola et Sao Tomé-et-Principe.

Selon le communiqué du bureau de la RDC de la Banque mondiale, parvenu à la rédaction de ACTUALITE.CD, cette réunion marque une étape clé dans le renforcement de la coopération régionale autour du corridor de Lobito, une voie stratégique de commerce et de transport reliant l’Afrique australe et centrale aux marchés mondiaux. Durant ces trois jours, les discussions porteront sur l’alignement des politiques, la coordination des investissements et la mobilisation des partenaires publics et privés afin d’accélérer la croissance économique, la création d’emplois et le commerce transfrontalier.

"Au cours de sa visite, Mme Bjerde réaffirmera l’engagement à long terme du Groupe de la Banque mondiale en faveur du développement durable en Angola, en RDC et en Zambie. Elle soulignera l’importance d’un leadership gouvernemental fort et d’une action coordonnée pour transformer le potentiel du corridor en résultats de développement concrets. La visite de Mme Bjerde mettra en lumière la façon dont une approche unifiée des différentes entités du Groupe de la Banque mondiale peut favoriser la diversification économique, attirer les investissements privés et générer des bénéfices inclusifs pour les communautés situées le long du corridor", précise le communiqué de la Banque mondiale

Selon le même document, les discussions aborderont également d’autres priorités régionales, notamment l’élargissement de l’accès à l’énergie avec la Mission 300, le renforcement des chaînes de valeur agricoles et agroalimentaires via AgriConnect, ainsi que l’augmentation de l’accès et de la connectivité numérique.

"Pendant son séjour à Luanda, Mme Bjerde rencontrera Son Excellence le Président João Manuel Gonçalves Lourenço de l’Angola pour discuter de l’engagement du Groupe de la Banque mondiale et des priorités régionales partagées. Au 1er janvier 2026, le portefeuille de la Banque mondiale en Angola s’élève à environ 4,9 milliards de dollars américains, dont 4,78 milliards pour 18 projets nationaux et 150 millions engagés dans une opération régionale" précise le communiqué de la Banque mondiale

Déjà au mois de septembre de l’année dernière, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC, le Burundi, l’Angola et Sao Tomé-et-Principe, Albert Zeufack, avait séjourné à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, dans l’objectif d’identifier les opportunités d’investissement sur la portion congolaise du corridor de Lobito afin d’en faire bénéficier au maximum la population congolaise. À cette occasion, le directeur des opérations s’était entretenu avec les autorités provinciales, qui ont accueilli favorablement cette initiative de la Banque. 

Le ministre des Finances provincial, représentant le Gouverneur a.i. en déplacement, avait partagé ses premières analyses sur les opportunités et les défis que présente ce projet. Il a été convenu de la réalisation d’une étude sur l’impact de la mise en œuvre du corridor de Lobito sur l’économie de la région. Cette étude sera menée par les chercheurs des universités de Lubumbashi et de Kolwezi, en collaboration avec les équipes de la Banque mondiale. Pour permettre à la RDC de tirer un maximum de bénéfices du corridor de Lobito, l’approche proposée par la Banque mondiale est de transformer le corridor en une plateforme de diversification économique et de création d’emplois.

Le corridor de Lobito est un projet ambitieux visant à faciliter l’exportation des minerais produits dans les régions minières de la RDC et de la Zambie. En juillet dernier, les présidents Tshisekedi, Lourenço et Hichilema avaient signé un accord à Lobito pour optimiser l’utilisation de ce corridor ferroviaire, situé à proximité des bassins miniers du Grand Katanga (RDC) et du Copperbelt (Zambie).

Le consortium Lobito Atlantic Railway, composé des entreprises Trafigura (Suisse), Vecturis (Belgique) et Mota-Engil (Portugal), avait remporté l’appel d’offres international pour l’exploitation de ce corridor pour une durée de 30 ans. Le consortium s’engage à porter la fréquence des trains à 49 convois par jour, à créer 1 600 emplois directs et à assurer l’entretien des infrastructures. Il prendra également en charge le transport de minerais, notamment les concentrés de cuivre, de la RDC et de la Zambie vers les marchés extérieurs.

Le corridor de Lobito comprend plusieurs infrastructures clés : le port de Lobito, le terminal de Mineiro, l’aéroport de Catumbela et le chemin de fer de Benguela. En RDC, il relie les provinces minières du Tanganyika, du Haut-Lomami, de Lualaba et du Haut-Katanga. Cette infrastructure offre une alternative au transport routier, longtemps prédominant, pour l’exportation des métaux précieux vers les marchés internationaux.

Clément MUAMBA