RDC-Elections : ce que pensent les femmes cadres du FCC de la proposition d’aller au dialogue

Photo/Actualité.cd
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Dialogue ou pas dialogue avant les élections de 2023 ? A moins de six mois des scrutins, le Comité laïc de coordination et le prix Nobel de la Paix Denis Mukwege proposent aux forces vives de la Nation, de tenir une concertation pour répondre au climat politique actuel. Quel est le point de vue des femmes leaders du Front Commun pour le Congo (FCC) ? Le desk femme d'Actualité.cd a recueillis leurs avis. 

*Toutes les personnes interrogées ont requis l’anonymat car le groupement FCC n’a pas encore rendu public sa position 

« Toutes les revendications de notre famille politique ont été ignorées. Les élections vont-elles être organisées avec une Commission électorale qui n’a aucune légitimité ? Avec un fichier électoral corrompu ? Avec seulement une frange d'acteurs politiques congolais ? Ou va-t-on plutôt prendre en compte toutes les réclamations ? Qu’est-ce qui y sera dit de nouveau qui n’a jamais été dit depuis le lancement de ce processus électoral ? », interroge une femme leader.  

Ce point de vue est également soutenu par une autre leader, députée nationale. «  Nous avons des recommandations qui devraient être mises en œuvre avant d’envisager un dialogue. Que la CENI soit reconstituée, que la Cour Constitutionnelle soit reconstituée, reconnaître que les opérations d’enrôlement étaient entachées d’irrégularités et pouvoir y remédier.  En tout cas, sans réunir tous ces éléments, la table ronde peut être difficile ». 

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Dans un Etat démocratique, le dialogue doit être permanent

Si les deux précédents points de vue sont catégoriques en ce qui concerne la tenue des pourparlers autour des élections, ceux qui suivent sont soit ouverts au dialogue, soit prêts à suivre le mot d’ordre qui sera donné par l’équipe dirigeante de la plateforme.  

« Je pense que le dialogue dans un Etat démocratique doit être permanent. Je ne pense pas que la crise soit prononcée en ce moment. Il nous faut par contre un consensus autour des élections. Il faut un cadre de concertation au cours duquel se réunissent les cadres de l’opposition, ceux de la majorité et bien sûr la société civile », a dit une autre source, qui fait partie de la jeunesse du FCC.  

Et de renchérir, « si aucun cadre de concertation n’est organisé avant les élections, cette situation va instaurer une crise. Et la conséquence serait de devoir organiser un dialogue. Les acteurs politiques seront autour d’une table pour parler notamment des intérêts. Alors que les Congolais sont fatigués de cette approche. Si le cadre de concertation est organisé, le FCC va y prendre part, parce qu’en tant que famille politique, nous croyons au développement de la société congolaise et nous y travaillons ». 

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A une dernière d’ajouter, « lorsque le processus a commencé, nous étions ensemble. La loi sur la CENI a été votée par les élus membres de l’opposition comme ceux de la majorité. C’est la suite des événements qui ne nous engagent pas. Par exemple, le président Kabila ou le FCC n’a pas répondu à l’invitation du président de la CENI parce que nous ne reconnaissons pas sa légitimité (…) Maintenant, nous appartenons à une famille politique. Si notre famille politique décide de rejoindre le processus électoral, en passant par le dialogue, nous irons au dialogue. Si le comité des sages s’y oppose, ces élections auront lieu sans nous. Et il ne faudrait pas souhaiter que ces conditions arrivent car il faut des élections paisibles », a-t-elle conclu. 

Il faut noter que la CENI a clôturé le 24 juillet dernier, l’opération de réception et traitement des candidatures pour les législatives nationales. Elle se prépare à convoquer l’électorat et rappelle sa détermination à respecter son calendrier.

Prisca Lokale