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Il ne faudrait pas que l'union sacrée devienne une addition salée pour un peuple meurtri - Tribune
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Dans sa rubrique engagement citoyen, ACTUALITE.CD vous propose ce jeudi cette lettre ouverte adressée à Félix Tshisekedi

Kevin Ibongya E.                Kinshasa, le 21 décembre 2020

A Monsieur le Président de la République,      Chef de l’État    Palais de la Nation    Kinshasa/Gombe

Objet : Communication d’un citoyen 

Monsieur le Président, 

L'honneur m'échoit, en ce jour, de prendre ma modeste plume dans l'optique d'approcher votre haute personnalité avec pour seul but de vous faire part de ma vérité. Naturellement, je n'aurai pas la prétention de croire que cette missive renferme la totale vérité même si, je demeure convaincu, qu'en la lisant, vous saurez y déceler une part de vérité si pas, une grande part. 

Par ailleurs, je vous prie de ne pas me tenir rigueur sur le fait que par moment, je devrais outrepasser le formalisme administratif car, comme vous le conviendrait et surtout, tel le dit un célèbre personnage que vous connaissez autant que moi, Boketshu il s'appelle, " L'ère est grave ".

Monsieur le Président, en date du 18 septembre 2019, lors de votre passage à Bruxelles, devant la communauté nationale - qu'il me soit permis de vous féliciter en passant pour cette initiative que j'ai trouvé louable, celle de convier toute la diaspora partout où vous êtes allé - vous avez tenu des propos dont l'onde de choc, à l'échelle de Richter, s'est faite ressentir à des milliers de kilomètre.  Vous aviez dit, ce jour-là : " Je ne suis pas un dictateur, je ne veux pas que l'on fasse de moi un dictateur " fin de citation.

Se fondant sur cette parole, je ne viens donc pas écrire de la manière à être forcément agréable à la lecture comme lorsque l'on tenterait de s'attirer les bonnes grâces d'un dictateur mais, plutôt, en citoyen, vous dire ce que je pense, quitte à ce que cela vous froisse. Si l'on ne devrait pas faire de vous un dictateur, il va sans dire, que les citoyens que nous sommes devront ne pas se muer en thuriféraires à votre égard.

Monsieur le Président, vous êtes issu d'un parti politique populaire, enraciné au sein du peuple, vous connaissez donc la misère et la souffrance de celle-ci. Votre avènement à la tête de ce pays a permis, à plusieurs, de retrouver de l’espoir, d'entrevoir des lendemains meilleurs, de croire de nouveau au Congo et, pour ceux qui étaient devenus sceptiques, d'apercevoir la lumière au travers d'une brèche que désormais, nous voulons tous plus grandes quitte à détruire tous les obstacles qui empêchent que dans notre nation, la lumière soit.

Bien évidemment, à votre endroit, il y a de l'amour de la part d’une partie de la population, votre sympathie ainsi que votre humanisme, en atteste votre dernière attention à l'égard du motard de votre cortège, plaisent. Par ce côté différent, vous renvoyez en tant qu'autorité une image différente du pouvoir. À cela, je pourrais ajouter la noble et remarquable tâche qu'abat votre épouse mais, Monsieur le Président, vous pouvez me croire, cela ne saurait être suffisant. Ce peuple que vous avez l'honneur de diriger aujourd'hui est avide d'un réel cap pour le changement, d'un bouleversement profond et, il arrivera un moment où il devra faire le bilan.

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Monsieur le Président, l'amour, la confiance, tout comme le soutien, peuvent s'effriter à travers le temps selon que vos actions ne satisfassent pas la population. Je n'aurai pas la prétention de vous l'apprendre. Dans mon recueil de poésie, j'affectionne particulièrement un texte intitulé «  M& N » car, comme vous le savez très bien, la haine est le plus proche sentiment de l'amour. De Lavoisier, célèbre physicien, insistait sur le fait que rien ne se perdait mais que tout se transformait et, à ce sujet, si les attentes de ce peuple qui vous aime et attend énormément de vous n'est pas satisfait, croyez-moi, comme dans l'alphabet où la lettre N succède à la lettre M, ce peuple vous haïra avec la même intensité et la même mesure qu'il vous a aimé. Je ne voudrai aucunement être un prophète de malheur.

Pour cela, je me fais le devoir, en citoyen, de vous dire la vérité, celle que peut-être, d'autres citoyens à qui vous avez fait confiance, ne vous diront pas. Comme plusieurs, nous ne manquerons de crier " béton " lorsque les choses sembleront bien se passer mais, sans nul doute, ne manqueront de faire part de notre désapprobation lorsque les choses n'iront pas comme elles se doivent. C'est cela, je pense, l'esprit d'Etienne Tshisekedi, qui a été saupoudré, dans une forme de pacte par cette incantation ô combien mystique faite, le 24 janvier 2019, au palais de la nation, par une partie de vos sympathisants, défiant le protocole pour vous rappeler : " Félix Kobosana Te, Papa alobaki, le peuple d'abord ". De manière imagée, tel Mufasa dans les nuages adressant un message à son fils Simba, j'imaginerai bien feu Dr Etienne Tshisekedi vous dire : " N'oublie pas qui tu es. Tu es mon fils et c'est toi le président. "

Monsieur le Président, depuis peu, vous avez décrété une union sacrée, à ce propos, permettez-moi de vous rappeler une date, celle du 19 décembre 2016. Il y a 4 ans, dans ce pays, une crainte se lisait sur le regard de tous car, nous prenions en son temps, un aller sans retour vers l'inconnu. Aujourd'hui, nul ne sait prédire avec exactitude l'issue dans laquelle la nation se tourne mais, tout dépendra du leadership que vous imprimerez, chose qui fera que le Congo prenne un cap vers un réel changement qui se devra d'être profond ou, comme cela a souvent été le cas jadis, que nous prenions un cap vers l'acquisition d'encore plus de cash pour des individus au détriment de la population délaissée, marginalisée. 

Contrairement à certains, je ne suis pas croyant d'un manichéisme simplet, d'une doxa selon laquelle il y aurait d'une part des bons et d'autres parts, des mauvais. Les récents déroulements des événements ont suffi à nous démontrer que le mal peut provenir de partout. Tous, sans exception aucune, pouvons en être sujette.  Très souvent, une opinion a fait de vos alliés d'hier, le FCC, le responsable de tous les échecs. Certes, il est tout à fait plausible que dans un rapport de force politicien que des peaux de bananes vous aient été jetés par ce camp dans le but de vous ralentir mais, Monsieur le Président, il est également triste de constater que des peaux de bananes et en grand nombre, sont également venu de votre propre camp. L'arrestation de votre directeur de cabinet, L'interpellation de votre coordonnateur administratif, L'interpellation du directeur financier de la maison civile et, plus fraîchement, l'audition et la mise sous mandat d'arrêt provisoire du coordonnateur de l'agence de lutte contre la corruption, sont des faisceaux d'indices parlant. 

Si l'on peut tout de même vous reconnaître un mérite c'est de laisser les procédures se poursuivre. En la matière, il sied de noter que c'est rare, sous les tropiques, que des personnalités bien nichées dans les arcanes du pouvoir, soient inquiétées par la justice. Cependant, Monsieur le Président, cela n'est pas suffisant.  Aujourd'hui, l'union sacrée ratisse large, recueillant en son sein diverses personnalités. Cela va dans la direction de votre confession de foi, étalée à travers les ondes de la radiotélévision nationale le 30 juin 2020 par votre discours en ce sens : " Mon objectif n'est pas de voir les méchants périr, mais plutôt qu'ils changent, qu'ils soient sauvés que le pays tout entier s'en réjouisse..." 

Monsieur le Président, si tant est que l'objectif est que nous prenions un réel cap vers le changement, que kisalu mebanda enfin, il va sans dire qu'il est des changements importants qu'il nous faudrait implémenter sans lesquelles, de mon point de vue, cette initiative noble ne serait qu'un échec de plus à classer dans les tiroirs de l'histoire.  De ce fait, avec toute la modestie qui s'impose, permettez-moi, en ma qualité de citoyens, de vous faire quelques petites propositions qui, je le crois, irait dans le sens de l'amélioration du quotidien de notre peuple. Mais avant, qu'il me soit également permis de vous dire, de la manière la plus honnête que je ne suis pas convaincu qu'à l'issue de ce mandat ou même d'un ultime second mandat si les suffrages vous sont conférés, que le Congo deviendra l'Allemagne de l'Afrique. 

De ce fait, je ne m'attends donc pas à la génération spontanée ou à des progrès étincelants à première vue. Cependant, je suis profondément convaincu qu'il y a de la place pour des profonds changements qui poseront les jalons de l'avènement d'un Congo plus fort, prospère et uni.  À ce jour, je ne peux nier l'existence d'indices positifs. Le paysage politique en ce qui concerne les libertés est moins crispé, en atteste la présence, au pays, de quasiment tous les poids lourds de la scène politique dont ceux qui ne pouvaient avoir accès au territoire national à cause de l'exil mais pas que. D'autres indices positifs peuvent être recensés tout comme, malheureusement, l'existence des indices négatifs dont le plus grand pour moi, demeure ce taux de change du dollar américain à 2000 Cdf qui plombe les ménages, divisant littéralement par deux, le pouvoir d'achat de la population qui souffre. Y remédier, ne pourrait être que salutaire.

Ceci, est pour dire que nous ne sommes pas sortis de l'ornière. Nous allons titubant et les chances de demeurer debout tout comme de chanceler sont équivalentes alors, Monsieur le Président, garant du bon fonctionnement des institutions, Il est de votre devoir, de donner la bonne orientation. Le peuple, votre peuple, n'a que trop souffert des affres de la corruption, de l'insécurité alimentaire comme celle régnant à l'est où face à nos frontières poreuses des forces armées s'amusent à faire la danse du vilain, faisant craindre aux victimes le fait que bateki mboka. 

À ce jour, tout peut encore arriver même si je préfère croire, de toute mon âme, de toute mes tripes, que le Congo, celui qui a été dédié à Dieu, sera sauvé mais, pour cela, Il vous faudra, Monsieur le Président, jouer votre partition. Quelques lignes plus haut, j'ai fait allusion aux propositions que je me suis permis de vous faire part. Je vous rassure, elles ne sont pas exhaustives et je suis certain, qu'elles froisseraient bon nombre de politiques adeptes de la politique politicienne mais, comme dit à l'introduction de cette lettre, il s'agit de ma vérité, qu'elle plaise ou qu'elle ne plaise pas. 

L'Union sacrée devant déboucher sur la nomination d'un informateur censé identifier l'existence de la majorité puis, de la nomination d'un formateur du gouvernement, Monsieur le Président, je voudrais vous proposer ceci :

1. Le respect du facteur temps

Au moment où je couche ces mots, il ne nous reste théoriquement que 3 ans pour la fin de votre mandat. Je ne sais pas combien ça se traduit en nombre de conseil des ministres mais, cela me paraît peu mais en même temps, suffisant pour faire des actions sérieuses et nécessaires. Si théoriquement nous avons 3 ans, de manière pratique il ne nous reste que 2 années, la dernière étant plus électorale. Ces 2 années serviront pour la plupart à canaliser les ressources pour l'organisation des élections. Cela implique donc, dans ce contexte, qu'il sera difficile d'avoir d’importantes ressources pour des projets d'envergures et à cela, il ne faudrait pas rajouter un temps conséquent de formation de gouvernement comme ce fut le cas en 2019, pour la formation du gouvernement ainsi que son investiture.

2. Format du gouvernement et profil des membres

Cela ne plaira pas à tout le monde, j'en suis conscient. Cependant, je pense qu'il faudrait un gouvernement sensiblement réduit, n'excédant pas 35 membres (vice-ministre compris), avec des membres choisit selon votre discrétion. Compte tenu du profil, il serait intéressant, qu'ils ne soient pas élus (députés, sénateurs, députés provinciaux) et, n'ayez aucune gêne à aller puiser où cela vous semblera bon. Cette proposition fera grincer des dents, mais, ce n'est que mon opinion. Également, qu'il vous plaise de puiser les compétences où qu'il vous plaira selon qu'ils soient à même de matérialiser votre vision. Qui dit revoir le nombre des membres du gouvernement à la baisse dit faire de même à l'effectif de votre cabinet arrimé à ce dernier. Il a semblé, d'avis de plusieurs que la multiplicité des agences procédait d'une volonté de faire le contrepoids au gouvernement tenu majoritairement par le FCC. Dans l'optique d'un gouvernement d'union sacrée, toute chose restant égale par ailleurs, le format du cabinet présidentiel devrait subir une refonte afin de se rapprocher du format initial des cabinets Présidentiels, de même que celui du cabinet du futur premier ministre. Monsieur le Président, des erreurs de casting, il y en a eu durant ce quinquennat, récidiver, ne serait bénéfique ni pour vous, ni pour nous.

3. Pacte de bonne gouvernance

Deux ans se sont écoulés, avec un gouvernement d'union sacrée, il n'y aurait plus de place pour des boucs émissaires. À ce sujet, il serait important que toutes les personnes nommées tant au gouvernement qu'à la tête des institutions publiques, signent un pacte de bonne gouvernance tenant compte des objectifs clairs qui leur seront communiqués et cela devrait déboucher par une réelle évaluation de l'atteinte de ceux-ci. Le non-respect de ce pacte devra permettre que les nommés soient démis de leur fonction, ou le cas échéant, fassent l'objet de poursuite judiciaire peu importe leur fonction ou leur camp politique. C'est cela, à mon sens, l'État de droit que vous appelez tant de vos vœux puisqu'un gouvernement d'union sacrée ne devrait en aucun cas être un lieu de copinage stérile au détriment des attentes du peuple.

4. Une justice intransigeante

Nous ne saurons rien construire dans ce pays tant que régnerait l'impunité. Tant que des dirigeants pourront détourner allègrement des millions de dollars sans être inquiété selon que l'on soit parenté à Y, membre de Z parti politique. Toutes vos promesses, dont nombreuses n'ont pas encore été réalisées à ce jour, si une impunité totale est consacrée, ne s'apparenteront hélas, qu'à des chapelets de bonnes intentions. Pour cela, il serait de bon aloi, que les dossiers emblématiques ayant fait l'objet de scandale et qui sont connus de tous, fassent l'objet d'enquête devant aboutir à l'éclatement de la vérité.

5. Prochaine échéance électorale

Le Congo, notre pays, a longtemps souffert des chamailleries post ou pré électorale. Le gouvernement d’union sacrée qui devra voir le jour sous peu, je l’espère, aura non seulement pour charge d’améliorer tant soi peu le vécu des congolais, cela est mon souhait - en espérant qu’il ne s’agisse pas d’un énième partage égoïste du gâteau qui, d’ailleurs, s’en va s’amenuisant - mais également, devra veiller à organiser les prochaines joutes électorales. Monsieur le Président, vous êtes mieux placé pour savoir quel rôle peut avoir l’organisation des élections chaotiques dans l’absence de sérénité et de cohésion nationale dans la vie d’un Etat. A ce sujet, je pense ne pas être assez rêveur que de souhaiter l’organisation des élections justes, inclusives - puisqu’il faut rappeler que près d’un million de nos frères ont été exclus du suffrage en 2018 - porteuses de paix et de concorde. Cela passe à mon sens par une refonte de la commission nationale indépendante. Nous n’avons pas beaucoup d’autre choix si ce n’est que nous briser pour nous reconstruire.

 

Quelques secteurs clés qui devront faire l’objet d’un regard soutenu

Afin qu’un sursaut patriotique puisse être effectif, il serait à mon sens, utile de lorgner sur les secteurs ci-après :

La santé publique : la crise sanitaire qui secoue notre pays met à nue les faiblesses de notre système de santé qui, excusez-moi de le dire ainsi, est loin de certains standards acceptables. A ce jour, une question taraude mon esprit. Pourquoi ne pouvons-nous pas réhabiliter l’hôpital provincial de référence jadis appelé Mama Yemo ? 

La justice : une justice plus indépendante permettrait de réduire de manière sensible, le coulage des recettes publiques et par conséquent, renflouer les caisses de l'État. Cette justice, indépendante de votre personne devra, à l’instar de la déesse Thémis qui orne votre bureau, agir en toute impartialité, en atteste la symbolique des yeux bandés.

L'armée : une armée avec des militaires bien rémunérés, équipés et formés permettrait à nos populations longtemps meurtries de pouvoir, enfin, vivre en paix chez eux, sans craintes qu'un arracheur de tête ne survienne de nulle part et continue à sévir en toute impunité. A ce sujet, pourquoi ne pouvons-nous pas envisager une permutation des responsables de l’armée d’une province à une autre afin d’éviter que les uns s’éternisent à des postes et ne succombent hélas, à l’appât du gain de cette zone hautement riche ?

Les finances publiques : réduction du train de vie de l'État. Maximisation des recettes grâce à une justice distributive et surtout, une meilleure répartition de celles-ci. Favoriser le contrôle, les enquêtes notamment au travers de l’inspection générale des finances ce, dans le strict respect des procédures.

L’éducation nationale : repenser l'effectivité de la gratuité de l'enseignement primaire avec humilité, sans crainte de faire un pas en arrière, s’il le faut, dans l'optique de mieux sauter après. Favoriser la formation professionnelle en dotant plus des moyens aux entités s’en occupant. Veiller à ce que les calendriers académiques soient respectés par toutes les universités et institut mais aussi, dans l’aspect qualitatif des programmes, qu’une amélioration substantielle soit de mise afin qu’il existe de moins en moins cette inadéquation entre diplômés et besoin du monde professionnel. Afin de formaliser cela, pourquoi ne pas organiser les états généraux de l’éducation nationale ? Aussi, pourquoi pas un ministère de l’éducation nationale avec deux vice-ministres chargés respectivement de l’Epsp, formation technique et professionnelle, puis un autre en charge de l’Esu ?

Les infrastructures : cela devait être l’un des secteurs phare du début de votre quinquennat cependant, il est triste de constater qu’il y a eu des ratés. Permettez-moi de remuer le couteau dans la plaie ou plutôt, d’insérer la plumer dans la plaie. Ce secteur est celui qui a le plus fait couler des salives, des larmes et d’encre. De mon avis de non expert, il aurait été plus utile de favoriser le bitumage des artères secondaires de la capitale quitte à en créer d’autres, plutôt que de miser autant d’argent sur des sauts-de-mouton qui, jusqu’aujourd’hui ne sont toujours pas opérationnels en dépit de diverses perfusions additionnelles chiffrées en million de dollar. Je rêve d’un Congo interconnecté par route, dans lequel nos devises n’iront pas alimenter les exportations vers nos pays voisins.

Le Sol et le Sous-sol : Oui, vous avez fait allusion à la revanche du sol sur le sous-sol, chose louable devant amener à une auto suffisance alimentaire que j’appelle de tous mes vœux cependant, le couac constaté à Bukanga Lonzo demeure encore dans les esprits. Le Congo a un sol béni et je pense qu’il serait temps que l’on songe à réellement faire bénéficier de ce pays, de toutes ses ressources en ce compris de son pétrole dont le conflit avec l’Angola ne me semble pas avoir trouvé des solutions à ce jour. Sauf mauvaise information en ma possession. De ce que j’ai pu apprendre, les mines ont une durée de vie. Qu’en sera-t-il dans 50 ans ? Nos fils et filles, vos petits fils et petites filles sauront ils en profiter ? Ou trouveront-il un Etat en déliquescence avancé? 

D'autres citoyens, je l'espère, pourront proposer d'éléments plus pertinents, ceux proposés dans cette lettre n'étant pas exhaustifs mais, je reste convaincu que le socle d'un Congo nouveau passe par la fin ou dans un premier temps, d'une réduction de nuisance de l'impunité. Lorsque les dirigeants seront droits, craignant une justice libre d'enquêter et pas intimidés par les noms ronflants des dirigeants, nous n'atteindrons pas encore la terre promise certes mais, nous serons en bonne voie pour ce faire.

Monsieur le Président, le contexte a changé, il y a un mandat à sauver, des vies à épargner, et un État à préserver, uni, solidaire et en paix. Ce sauvetage ne saurait être effectif, sans l'accompagnement des personnes intègres. Il s'impose donc, à mon humble avis, une introspection de votre cabinet car, c'est de là que viendra le meilleur indicateur du changement. Si le cabinet précédent a été constitué tenant compte des enjeux de l'époque, aujourd'hui, il vous faudrait un cabinet constitué pour la guerre, la guerre contre l'impunité, contre la pauvreté, contre l'affairisme tant décrié et diverses tares que je ne saurai tous citer.

Pour finir, Monsieur le Président, j'ai une bonne nouvelle, une nouvelle qui me permet de garder de l'espoir. Il y a quelques jours, une amie m'a relaté avoir obtenu son passeport biométrique en ayant déboursé 99$ pour le formulaire ainsi que 10$ pour les frais connexes, portant le coût total à 109$. C'est loin, très loin de ces montants faramineux que nous dépensions jadis tant au pays qu'à l'étranger. S'il est possible d'obtenir, avec la même équipe, le même fournisseur ou du moins sa filiale le même passeport à un prix réduit même si, à mon sens, il est possible d'avoir un passeport valide pour 10 ans pour les majeurs, cela veut simplement dire que C'EST POSSIBLE. C'est possible que ce pays change, que les acteurs d'hier fassent le contraire de ce qu'ils ont jadis fait. Mais, cela nécessite un leadership sincère, sans complaisance dans la sanction et axé vers les résultats. 

Monsieur le Président, devant l'histoire, vous avez l'opportunité de mettre la balle au fond des filets. Demain, dans l'urne, face aux électeurs, il n'y aura ni Ministres, ni Directeurs de Cabinet, ni Conseillers Principaux, Ambassadeurs Itinérants, Conseilleurs Spéciaux, Dirigeants d'agences, Députés ou Sénateurs, il n'y aura que vous, seul face à votre destin. Les mêmes, qui n'ont certainement pas été à Rabat, seront peut-être en ce moment-là, en train de penser à une autre union sacrée cette fois-ci, sans vous.

Il ne faudrait pas que l'union sacrée devienne une addition salée pour un peuple meurtri qui n'a pas fini de payer pour la cupidité, la gloutonnerie et l'absence d'empathie de ses dirigeants. Vous avez usé lors de l’une de vos récentes adresses une expression tirée du latin, salus populi suprema lex esto, traduite en français par le salut du peuple est la loi suprême. Excellence, ce peuple est fatigué d’être grugé et attend de vous, des résultats probants tout en espérant que cette union sacrée présentée comme une panacée, ne s’avère pas au final, n’être qu’un remède autant efficace qu’une poudre de perlimpinpin. 

Monsieur le Président, me voici arrivé à la fin de ma longue lettre et je voudrais, par cette occasion, clore mes propos en vous souhaitant, à votre épouse que j'apprécie tant ainsi qu'à votre famille, mes vœux les meilleurs pour l'an 2021, et formule le vœu que L'Éternel vous accorde bonne santé, sagesse car, vous en aurez bien besoin pour conduire cette nation-continent au peuple exigent et aux acteurs politiques pas toujours constants mais aussi, qu’il garde sa main sur vous, vous épargnant de tout projet malsain forgé à votre encontre ainsi que de toute velléité de trahir votre serment constitutionnel.

Je vous remercie de l'attention que vous voudriez accorder à cette modeste lettre.

Kevin Ibongya E. Citoyen Congolais

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