Le Directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a levé l’état d’urgence de santé publique au niveau continental concernant l’épidémie de Mpox, après que l’OMS a retiré, en septembre 2025, le statut d’urgence sanitaire de portée internationale. C’est ce qu’a indiqué la note d’information du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, présentée lors de la réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 30 janvier 2026 à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa.
Toutefois, selon cette note, présentée par le ministre de la Pêche et de l’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Bwana, au nom de son collègue de la Santé, la maladie reste présente au niveau national malgré cette nette régression. Le gouvernement congolais a donc décidé de maintenir le Mpox comme urgence nationale jusqu’en mars 2026.
"Concernant le Mpox, il a été rapporté que le Directeur général d’Africa CDC a procédé à la levée de l’urgence de santé publique de sécurité continentale relative à cette épidémie, à la suite de la levée de l’urgence de santé publique de portée internationale par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en septembre dernier. Cette décision fait suite à l’amélioration de la situation épidémiologique, marquée par une baisse considérable du nombre de cas et de décès au niveau du continent, notamment en République démocratique du Congo, en Sierra Leone, au Burundi et en Ouganda" rapporte le compte rendu de la réunion.
Toutefois, a-t-il poursuivi, la maladie n’est pas éradiquée et demeure endémique. À cet effet, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale maintient le Mpox comme urgence nationale jusqu’en mars 2026, afin d’assurer une transition réussie d’une réponse d’urgence vers une intégration durable dans le système de santé, sans risque de recrudescence épidémique.
"Cette période de transition vise à passer d’une réponse d’urgence à une intégration durable de la riposte dans les systèmes de santé, sans risque de recrudescence épidémique. Elle permettra de consolider la surveillance communautaire, les capacités de riposte rapide, les plans de contingence, les stocks stratégiques, la réflexion sur la vaccination préventive, ainsi que le leadership et les financements nationaux de routine", précise le gouvernement dans le compte rendu.
S’agissant du choléra, la note du ministère de tutelle indique qu’une tendance à la baisse a été observée au cours de la semaine sous revue. Le nombre de nouveaux cas est passé de 1 811 à 1 688 cas suspects, avec 7 décès enregistrés, soit un taux de létalité de 0,4 %, contre la semaine épidémiologique précédente. La ville de Kinshasa a enregistré 170 cas suspects et 4 décès. Cinquante-cinq malades actifs sont actuellement pris en charge dans les centres de traitement, et les actions de riposte se poursuivent.
La variole du singe (MPOx), maladie virale causée par le virus de la variole du singe, ne constitue plus une urgence sanitaire internationale. L'annonce a été faite devant la presse vendredi 5 septembre 2025 par le Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Selon le numéro Un de l'OMS, c'est l'une des résolutions issues de la cinquième réunion du comité d'urgence sur la variole du singe. La réunion du comité avait pour objectif de recommander le maintien ou non de cette épidémie du statut d’urgence de santé publique de portée internationale.
En raison de l'augmentation des cas, en date du 14 août 2024, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) déclare l’épidémie de Mpox une « urgence de santé publique de portée internationale ». Une réponse complète et coordonnée est nécessaire, incluant la surveillance, le renforcement des capacités laboratoires, la sensibilisation et l’engagement des communautés locales ou encore l’accessibilité des diagnostics, traitements et vaccins pour les personnes concernées.
En plus de la déclaration de l'épidémie, le Centre des Opérations d'Urgence de Santé Publique (COUSP) structure dépendante du ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance sociale a été activé par le gouvernement de la République pour coordonner la réponse, mettant en place le Système de Gestion des Incidents Mpox (SGI).
Depuis fin 2022, la République Démocratique du Congo a fait face à une augmentation alarmante du mpox, l'épidémie s'étendant à l'ensemble du pays. Une réponse de santé publique a été mise en place avec des campagnes de vaccination et de sensibilisation. Cependant, le manque de vaccins et les capacités limitées de réponse, ainsi que les autres crises humanitaires, compliquent les efforts de lutte contre la maladie, particulièrement chez les enfants.
Pour y faire face, une campagne de vaccination ciblée a été lancée pour les personnes à risque, avec des doses livrées et distribuées par des partenaires tels que l'UNICEF. C'est dans ce cadre que les initiatives de sensibilisation communautaire et l'implication des acteurs traditionnels, comme les guérisseurs, visent à lutter contre la stigmatisation et à encourager les comportements sains au sein des communautés.
Clément MUAMBA