Le programme She Leads a organisé, ce samedi 24 janvier, à l’Université Pédagogique Nationale (UPN), une conférence-débat placée sous le thème : « Participation politique et électorale des femmes comme levier du développement ». L’événement a réuni plus d’une cinquantaine de jeunes étudiants.
Cette rencontre avait pour objectif d’offrir un cadre d’échanges et de réflexion visant à renforcer les capacités, l’engagement et la représentativité des femmes dans les processus politiques et électoraux, en vue d’un développement inclusif.
Parmi les intervenantes figuraient Catherine Furaha, ministre honoraire de la Culture et des Arts, Nadine Nsiala, conférencière et coach en développement personnel, ainsi que Beny Neze, conseillère à la Présidence de la République.
S’exprimant devant la presse, Divine Dielamonika, bénéficiaire du programme She Leads, a présenté les différentes initiatives mises en œuvre pour renforcer durablement la participation politique et électorale des femmes en République démocratique du Congo.
« Nous menons une campagne de sensibilisation dans les 25 communes de Kinshasa. L’UPN n’est qu’un échantillon. Nous collaborons avec la CENI afin de veiller au respect de la loi sur la parité. Au-delà de Kinshasa, le programme est déployé dans toutes les provinces. Nous intervenons dans la sensibilisation, la formation et l’entrepreneuriat, car il est essentiel de promouvoir l’autonomisation économique des femmes », a-t-elle expliqué.
Elle a également évoqué les obstacles majeurs à l’engagement féminin, notamment les stéréotypes socioculturels.
« Le véritable défi reste la capacité des femmes à s’imposer. Aujourd’hui, nous constatons qu’elles s’engagent peu en politique, estimant que cet espace est réservé aux hommes, par crainte du harcèlement ou d’autres contraintes. Certes, les partis politiques ont leur part de responsabilité, mais nous devons aussi, en tant que femmes, reconnaître nos propres faiblesses et travailler à les surmonter », a confié Divine Dielamonika.
Pour Nadine Nsiala, la question de la représentation des femmes en politique ne peut se limiter à un simple constat d’absence.
« Beaucoup de femmes souffrent du syndrome de l’imposteur : elles doutent de leur valeur et de leurs compétences, et hésitent à se lancer. Certaines attendent que les opportunités leur soient offertes, alors que la politique exige de la détermination, du courage et un esprit de combat », a-t-elle souligné.
Elle a ajouté que les femmes assument des rôles essentiels — productifs, reproductifs et communautaires — qui doivent être élargis afin de transformer la société. Selon elle, la participation politique des femmes nécessite à la fois un engagement personnel (prise de conscience, formation, réseautage) et un fort soutien institutionnel, notamment à travers la parité sur les listes électorales, des programmes de mentorat, une médiatisation sensible au genre et des nominations audacieuses.
De son côté, Beny Neze a interpellé les femmes sur l’usage des réseaux sociaux, dénonçant la diffusion de contenus inappropriés.
« Comment, en tant que femmes, utilisons-nous les réseaux sociaux pour faire passer notre message ? Est-ce un message constructif, porteur de changement pour notre pays, ou un contenu qui banalise l’essentiel ? Pourquoi ne pas créer nos propres structures, plateformes et partis politiques ? Pourquoi les femmes manquent-elles de solidarité entre elles ? », s’est-elle interrogée.
Déborah Misser Gbalanga, stagiaire