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Ph. Sengeya

 

Dans le diocèse de Butembo-Beni au Nord-Kivu, des habitants signent une pétition pour réclamer l’organisation des élections municipales en République démocratique du Congo (RDC). Il s’agit d’une initiative de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) qui vise, d’après les organisateurs, à consacrer la démocratie, la décentralisation et la bonne gouvernance au sein des entités administratives locales.

Les initiateurs de la pétition constatent que, malgré l’approche de la date du 22 septembre retenue pour l’organisation des élections municipales et locales, rien ne semble avancer du côté de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour le respect du calendrier électorale.

Ainsi, ont-ils décidé de lancer le 22 juin dernier une pétition à adresser au chef de l’Etat et aux deux chambres du parlement en vue de solliciter leur implication pour l’organisation des élections municipales et locales.

Ils disent avoir rendu disponible la pétition dans les 56 paroisses du diocèse catholique de Butembo-Beni pour la collecte de signatures des congolais à l’âge de voter.

Jusque ce lundi 15 juillet, M. Lwanzo Wanyenze, l’un des organisateurs de cette campagne, annonce qu’un premier lot de pétitions renfermant plus de 41 000 signatures a été «récolté, compilé et envoyé» à Kinshasa.

«Nous avons constaté avec regret que le calendrier électoral pour ce qui est des élections municipales et locales est en train d’être violé. Du 18 mars au 18 avril il était prévu la convocation du corps électoral. Et le traitement des candidatures devraient partir du 18 avril. Mais nous sommes en juillet, rien n’a été fait. Il n’y a aucun signe qui augure la tenue de ces élections d’ici le 22 septembre tel que prévu.

Ce qui n’est pas bon pour notre démocratie», dénonce-t-il. D’après les initiateurs de la pétition, les élections sont nécessaires pour l’instauration de la démocratie, la décentralisation et la bonne gouvernance au sein des entités administratives locales.  

«Les élections locales sont importantes car elles mettent fin au système de nomination des autorités locales, un système entaché d’antivaleurs comme la corruption, le clientélisme, le fanatisme. Nous avons constaté qu’avec les nominations, les autorités ne servent pas la population, mais plutôt leurs parrains politiques, ce que retarde le développement des entités. Mais avec les élections municipales, la population sera servie par les autorités plus proches d’elle, et ces autorités, leurs actions seront contrôlées par les conseillers municipaux. Ce qui consacre la démocratie, la décentralisation et in fine la bonne gouvernance», explique M. Lwanzo Wanyenze.

Depuis 2006, la République démocratique du Congo n’a jamais connu un cycle électoral complet.

Même si la CENI prévoit souvent tous les scrutins dans ses calendriers électoraux, elle se limite toutefois à organiser la présidentielle et les législatives, évoquant, dans la plus part des cas, l’absence des moyens pour parfaire le cycle électoral.

Ce qui fait que les élections municipales et locales n'ont pas été organisées dans les cycles de 2006 et 2011.  

Claude Sengenya