Acceptation de Cessez-le-feu dans l’Est : Washington salue l’engagement de la RDC et exige l’opérationnalisation du mécanisme de surveillance et de vérification convenu à Doha

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Félix Tshisekedi et Massad Boulos

La République démocratique du Congo a répondu favorablement à la proposition de l’Angola, acceptant officiellement le principe d’un cessez-le-feu dans l’est du pays. Selon la Présidence de la République, cette acceptation du cessez-le-feu à partir du 18 février prochain s’inscrit « dans un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit ».

Sans pour autant s’inscrire dans le schéma angolais, qu’elle dit ne pas reconnaître, la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, a de son côté également réaffirmé son engagement à mettre en œuvre, sans délai et de bonne foi, le mécanisme de cessez-le-feu convenu dans le cadre du processus de Doha. Selon les dirigeants de ce mouvement rebelle, cette démarche s’inscrit dans une logique de responsabilité politique et dans une volonté sincère d’aboutir à un règlement négocié, durable et inclusif du conflit.

En réaction, les États-Unis, l’un des médiateurs de la crise sécuritaire qui secoue la région des Grands Lacs, par le biais de Massad Fares Boulos, conseiller principal pour l’Afrique au Département d’État américain, insistent sur l’effectivité du cessez-le-feu sur le terrain. Consciente de la réalité sur le terrain, la position de Washington est perçue comme une interpellation, d’autant plus qu’il ne s’agit pas de la première fois que les parties expriment leur volonté de respecter un cessez-le-feu souvent violé dans la pratique.

"Encouragés par l'acceptation par la RDC de la proposition de cessez-le-feu angolaise, nous insistons sur la nécessité d'agir concrètement sur le terrain. Toutes les parties doivent immédiatement cesser les hostilités, y compris les attaques de drones qui continuent de coûter la vie à des civils innocents. La priorité est désormais de rendre opérationnel le Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu convenu à Doha. L'approbation rapide du protocole d'accord y afférent permettra de renforcer la confiance, de garantir la responsabilité et de protéger les civils", a écrit sur X Monsieur Afrique de l'administration Trump.

Cette évolution de la situation fait suite à la proposition angolaise formulée à l’issue d’une rencontre tenue à Luanda entre le président angolais João Lourenço, le président congolais Félix Tshisekedi, le président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine, et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, représentant des anciens chefs d’État désignés par l’UA comme facilitateurs du processus de paix en RDC.

Cette dynamique diplomatique avait été précédée par une réunion de haut niveau tenue à Lomé, au Togo, le 17 janvier 2026, consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine pour l’est de la RDC, cette rencontre a réaffirmé la volonté de travailler en étroite coordination avec les États-Unis et le Qatar afin d’encourager les différentes parties à honorer leurs engagements.

À l’issue de cette réunion de Lomé, l’Union africaine avait précisé l’architecture de sa médiation pour le processus de paix dans l’est de la RDC. Cette nouvelle architecture est placée sous l’autorité de Faure Essozimna Gnassingbé et appuyée par cinq co facilitateurs, chacun chargé d’un volet spécifique, ainsi que par un secrétariat conjoint associant l’Union africaine et plusieurs organisations régionales.

Clément MUAMBA