RDC: à Addis-Abeba, Tshisekedi insiste auprès de Guterres sur un appui « technique et crédible » de la MONUSCO pour le mécanisme de cessez-le-feu

Félix Tshisekedi et Antonio Guterres
Félix Tshisekedi et Antonio Guterres

Le président congolais Félix Tshisekedi a insisté sur « l’urgence d’un appui technique et crédible » de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUSCO) pour garantir l’opérationnalisation du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, lors d’un entretien avec le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres en marge du sommet de l’Union africaine.

La rencontre s’est tenue en marge du 39ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine à Addis-Abeba.

Selon la Présidence congolaise, les deux responsables ont évoqué « l’excellente coopération entre la RDC et l’ONU » avant d’aborder la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, le renforcement du multilatéralisme et le rôle de la RDC en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.

M. Tshisekedi a réaffirmé l’engagement de la RDC dans la consolidation des efforts de paix et « la nécessité de passer des exhortations aux actes » afin d’assurer le respect strict du droit international et des engagements souscrits dans le cadre des mécanismes régionaux et internationaux.

Il a également insisté sur « l’urgence d’un appui technique et crédible de la MONUSCO » pour garantir l’opérationnalisation du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, en application de la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité.

Le secrétaire général de l’ONU a assuré de l’appui des Nations unies dans la mise en œuvre de « l’architecture de cessez-le-feu établie » et salué l’entrée de la RDC au Conseil de sécurité ainsi que sa volonté de défendre « un multilatéralisme juste et efficace ».

Sur le terrain, la cheffe par intérim de la MONUSCO, Vivian van de Perre, s’est rendue jeudi à Goma pour appuyer les préparatifs liés au suivi et à la vérification du cessez-le-feu, a indiqué la mission dans un communiqué.

Arrivée par voie aérienne, une première depuis l’interruption prolongée de l’accès aérien à la ville en janvier 2025 selon la MONUSCO, elle doit échanger avec les parties prenantes afin de faire avancer les dispositions pratiques du mécanisme.

« Je me rends à Goma pour appuyer les préparatifs du suivi et de la vérification du cessez-le-feu, en étroite coordination avec l’architecture de cessez-le-feu établie, y compris l’EJVM+ », a-t-elle déclaré.

Conformément à la résolution 2808 (2025), la MONUSCO est autorisée à soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent, notamment par un appui technique et logistique à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) dans le cadre du Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (EJVM+).

Une première équipe de Casques bleus doit être déployée à Uvira, dans le Sud-Kivu, pour appuyer le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu. La mission précise que ce déploiement ne constitue pas un retour durable dans la province, d’où elle s’est retirée en juin 2024, mais un appui limité et strictement encadré par le dispositif de vérification.

Les Casques bleus de la MONUSCO sont actuellement déployés en Ituri et au Nord-Kivu.