Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont accusé la coalition AFC/M23-RDF d’avoir incendié, le 11 février, plusieurs maisons d’habitation de civils dans la localité de Rusankuku, dans les hauts plateaux de Fizi-Uvira, selon un communiqué militaire.
Dans ce texte signé par le porte-parole a.i. des FARDC, le lieutenant-colonel Mongba Hazukay Mak, l’armée congolaise affirme que ces faits constituent de « graves violations du Droit international humanitaire et des Droits de l’homme ».
Selon les FARDC, « cette opération vise à punir la population de la contrée qui a refusé d’être déportée et de les suivre ». L’armée « condamne ces actes terroristes scandaleux » qui, selon elle, « dénotent de la cruauté et de la détermination de l’armée rwandaise et ses supplétifs à saboter le processus de paix en cours ».
Ces accusations interviennent alors que Kinshasa a annoncé, vendredi, avoir accepté une proposition de l’Angola visant l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et le M23 à partir de midi, le 18 février 2026.
Dans un communiqué, la Présidence de la République a indiqué répondre favorablement à cette initiative « dans un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit », saluant les efforts des autorités angolaises en faveur d’un « retour durable à la paix et à la stabilité dans la région des Grands Lacs ».
Selon la Présidence, ce cessez-le-feu s’inscrit dans le cadre du mécanisme de surveillance et de vérification signé le 14 octobre 2025 à Doha. Il prévoit notamment un gel strict et immédiat des positions, l’arrêt de tout renforcement militaire, la cessation de toute rotation ou approvisionnement offensif, l’interdiction de toute modification du statu quo sur le terrain ainsi que la fin de tout appui extérieur aux groupes armés opérant sur le territoire national. Il implique également la protection des populations civiles et le respect du droit international humanitaire.
Kinshasa a averti que toute consolidation unilatérale des positions militaires durant la période de cessez-le-feu « compromettrait gravement la crédibilité du processus ».
La proposition angolaise fait suite à une rencontre tenue à Luanda entre le président angolais João Lourenço, le président congolais Félix Tshisekedi, le président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine (UA), et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, désigné facilitateur par l’UA.
Cette dynamique diplomatique avait été précédée par une réunion de haut niveau organisée le 17 janvier 2026 à Lomé, au cours de laquelle l’Union africaine a précisé l’architecture de sa médiation pour le processus de paix dans l’est de la RDC, placée sous l’autorité de Faure Essozimna Gnassingbé et appuyée par cinq cofacilitateurs ainsi qu’un secrétariat conjoint associant l’UA et plusieurs organisations régionales.
De son côté, l’AFC/M23 a affirmé vendredi être disposée à mettre en œuvre « sans délai et de bonne foi » le mécanisme convenu dans le cadre du processus de Doha. Son coordonnateur politique, Corneille Nangaa, a toutefois dénoncé une « stratégie de fragmentation diplomatique » de Kinshasa et estimé que la « prétendue acceptation » du cessez-le-feu constituait « une manœuvre de communication ».
Il a par ailleurs accusé le gouvernement de poursuivre sur le terrain des « actes de belligérance », évoquant des offensives contre des localités densément peuplées, le recours à des mercenaires et des bombardements affectant des populations civiles.