Ebola en RDC: à Butembo, l’Eglise catholique recommande le respect des mesures barrières et suspend l’échange des mains appliqué comme signe de paix

Mgr Melchisédech Sikuli lors de la célébration eucharistique le 28 juin 2020 à la cathédrale de Butembo/Ph Claude Sengenya ACTUALITE CD

L’évêque du diocèse catholique de Butembo-Beni appelle ses fidèles et hommes de bonne volonté au respect strict des gestes barrières recommandés par les autorités sanitaires pour se prévenir face à Ebola Bundibugyo déclaré au pays. La ville de Butembo, siège de son diocèse, a déjà enregistré deux cas positifs d’Ebola. Il s’agit des patients encore enregistrés, venus de la région de l’Ituri. 

Dans un message publié jeudi 21 mai dernier, pendant une messe d'ordination, l’évêque Sikuli Paluku prévient que «cette souche (Bundibugyo) n’a pas de vaccin et n’a pas de traitement spécifique ». «Ce qui veut dire que nous comptions essentiellement sur les mesures de santé publique. Ainsi, sans paniquer, mais tout en restant prudents et vigilants, appliquons strictement les mesures de santé publique pour éviter la propagation du virus », recommande le prélat catholique. 

Fort de son expérience dans l’appui de la riposte contre la dixième épidémie d’Ebola dont son diocèse était l’épicentre entre 2018 et 2020, l’évêque Sikuli Paluku est conscient du danger. Sans attendre, il vient de décider de la suspension de l’échange des mains que les fidèles catholiques se donnent mutuellement comme signe de paix avant l’Agnus Dei. «Je demande que l’on réinstalle des lavabos ou des points d’eaux aux différentes portes d’entrée des Églises, sanctuaires, chapelles et autres lieux de réunions ou des services liturgiques, et qu’on y place de manière stable des agents de maintien d’ordre pour éviter que l’on vienne manquer à l’hygiene », demande l’évêque qui insiste sur l’urgence de se laver les mains et d’éviter des contacts en cette période d’épidémie.

Selon l’OMS, la situation est extrêmement préoccupante en RDC, avec 82 nouveaux cas confirmés, dont 7 décès. On compte actuellement près de 750 cas suspects et 177 décès présumés.  

Claude Sengenya