Ebola : l'ONU annonce une allocation de 60 millions USD pour accélérer la réponse en RDC et dans la région

Un centre de traitement d'Ebola à à Butembo en 2021/Ph ACTUALITE.CD

La 17ᵉ epidémie de la maladie à virus Ebola, qui sévit dans l’Est de la République démocratique du Congo, une région déjà confrontée à l’activisme des groupes armés locaux et étrangers ainsi qu’aux opérations militaires, continue de susciter une mobilisation nationale, régionale et internationale afin de mettre en place une riposte capable de venir à bout de cette épidémie. Les Nations Unies ont annoncé à leur tour une mobilisation humanitaire accrue. Dans une déclaration faite ce vendredi 22 mai 2026, Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, a annoncé l’allocation de "jusqu’à 60 millions de dollars" provenant du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies afin d’accélérer la réponse humanitaire dans la région.

"Nous devons prendre le devant face à cette épidémie d'Ebola. J'alloue jusqu'à 60 millions de dollars provenant du Fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies afin d'accélérer la réponse en République démocratique du Congo et dans la région élargie, la communauté humanitaire est pleinement mobilisée, comme lors des précédentes épidémies, le Dr Tedros et ses collègues de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS)  sont à la tête de la lutte contre le virus, faisant preuve de courage et d'expertise", a écrit sur X Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence (OCHA).

Dans le même temps, Tom Fletcher a reconnu les difficultés qui entourent la riposte à cette épidémie, notamment l’absence de vaccins homologués ainsi que l’insécurité liée aux conflits dans les zones touchées. Toutefois, il s’est montré optimiste, estimant qu’aucun obstacle ne devait entraver l’action des intervenants humanitaires sur le terrain.

"L'épidémiologie est complexe : il n'existe à ce jour ni vaccin ni traitement homologué contre la souche Bundibugyo. Il s'agit d'environnements opérationnels difficiles pour les missions de sauvetage. Nous sommes confrontés à des conflits et à d'importants mouvements de population. Nous œuvrons pour garantir un accès sûr et durable aux intervenants de première ligne, y compris aux zones contrôlées par des groupes armés. Il est essentiel qu'aucun obstacle ne vienne entraver leur action", a-t-il souligné. 

Par ailleurs, le chef de OCHA a indiqué que les Nations Unies ont tiré les leçons des précédentes épidémies. Selon lui, le confinement de l’épidémie repose sur une action rapide et coordonnée au niveau communautaire. Il a, à cette occasion, rappelé l’importance d’une communication étroite avec les gouvernements ainsi que de systèmes d’alerte précoce et de détection efficaces.

"La confiance de la population est essentielle. Je suis en contact étroit avec nos coordinateurs humanitaires et leurs équipes en RDC, en Ouganda et au Soudan du Sud. Des renforts sont déployés auprès des agences des Nations Unies et de nos partenaires. Je tiens à saluer le courage des communautés et des acteurs humanitaires qui œuvrent pour endiguer cette épidémie".

L’épidémie de la maladie à virus Ebola constitue une nouvelle crise qui frappe la République démocratique du Congo, un pays ayant connu une forte recrudescence des conflits cette année, engendrant l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Avec 5,6 millions de personnes déplacées, dont environ 2,5 millions d’enfants, et 15 millions de personnes, soit près d’une personne sur sept, ayant besoin d’une aide humanitaire, la RDC est confrontée à une crise majeure.

Vingt-quatre heures après sa déclaration officielle comme 17e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’épidémie due à la souche Bundibugyo en RDC et en Ouganda constitue désormais une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Selon le communiqué rendu public samedi 16 mai 2026, le directeur général de l’OMS a fondé cette décision sur plusieurs éléments, notamment le taux élevé de positivité des premiers échantillons testés, la propagation déjà documentée au-delà des frontières congolaises ainsi que l’absence de vaccin ou de traitement approuvé contre cette souche spécifique. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, cette épidémie ne remplit cependant pas, à ce stade, les critères d’une urgence pandémique.

Clément MUAMBA