Ebola en Ituri : le corps d’un cas suspect calciné lors d’une violente manifestation anti-riposte à Rwampara

Photo ACTUALITE.CD/Yassin Kombi Kadima

Une vive tension a secoué jeudi 21 mai, la localité de Rwampara, dans la périphérie de Bunia où des jeunes manifestants réclamant le corps d’un proche décédé d’Ebola ont attaqué un centre hospitalier. Au cours des affrontements, plusieurs installations sanitaires ont été incendiées et la dépouille du malade a été calcinée, selon des autorités coutumières locales.

Le drame s’est produit lorsqu’un groupe de conducteurs de taxi-moto et de jeunes, a tenté de récupérer de force le corps d’un jeune homme mort de la maladie à virus Ebola dans un centre de traitement. La victime était elle-même conductrice de taxi-moto et fils d’un militaire.

Les manifestants rejetaient le protocole imposé par les équipes de riposte, qui exigeaient un enterrement digne et sécurisé conformément aux mesures sanitaires appliquées aux victimes d’Ebola.

Face au refus des soignants de remettre le corps sans respect des procédures sanitaires, la situation a rapidement dégénéré. Alerté par le médecin chef de zone, le chef coutumier de Rwampara affirme s’être rendu personnellement sur place pour tenter de calmer les tensions.

« Je me suis rendu sur place et j’ai fait appel à l’armée basée à Rwampara. Nous sommes venus avec un capitaine pour tenter de maîtriser les manifestants, mais cela s’est avéré impossible », explique Zamundu Batagura Mugenyi, chef coutumier local.

Débordés par les manifestants, les responsables locaux et les forces de sécurité ont dû se replier face aux jets de projectils visant les bâtiments hospitaliers et les installations de la riposte.

Les émeutiers se sont ensuite dirigés vers les tentes d’isolement abritant des patients suspects ou confirmés d’Ebola.

« Ils ont réussi à pénétrer dans le centre hospitalier et ont incendié deux grandes tentes. Tous les lits ont été calcinés. Malheureusement, le corps du malade d’Ebola qui se trouvait encore à l’intérieur a lui aussi été totalement brûlé », déplore l’autorité coutumière.

À la suite de ces violences, plusieurs jeunes ont déjà été interpellés et des enquêtes sont en cours afin d’identifier les autres auteurs des troubles qui ont pris la fuite.

Malgré ces incidents, les autorités assurent que la situation est désormais sous contrôle des forces de sécurité et appellent la population au calme, tout en mettant en garde contre la propagation de rumeurs susceptibles d’aggraver les tensions.

Freddy Upar, Bunia