Après la pacification, d’énormes défis empêchent le retour de certains déplacés qui ont fui les exactions des Mobondo dans les territoires de Kenge et de Popokabaka. C’est dans la province du Kwango. Plusieurs n’ont pas de moyens financiers pour rentrer dans leurs villages, reconstruire les habitations détruites et reprendre les activités agricoles. Ces déplacés ont été notamment reçus dans la ville de Kenge, aux villages 316 et Bukangalonzo, selon le gouvernement provincial du Kwango.
Le vice-gouverneur du Kwango l’a révélé après avoir procédé à la remise des vivres à 600 familles d’accueil des déplacés. Le nombre total des personnes encore en déplacement reste difficile à déterminer en raison de quelques retours signalés dans les zones proches des lieux d’accueil.
Le gouvernement provincial sollicite des moyens conséquents pour appuyer les ménages de déplacés à réorganiser la vie après les atrocités. Le vice-gouverneur Rémy Saki plaide pour un plan global d’accompagnement après le rétablissement de la paix.
« Les défis sont nombreux. Il faut vraiment accompagner les ménages de déplacés. Certains sont déjà rentrés, mais d’autres sont confrontés aux difficultés financières et manquent d’habitations. Ils ne savent pas comment aller reprendre la vie là où ils étaient. Ils manquent de vêtements, d’outils pour les travaux des champs. C’est pour cela que nous continuons à chercher des moyens. Il y a lieu d’assister certains foyers dont les maisons ont été totalement brûlées. Nous demandons au gouvernement central de prêter une oreille attentive au cri d’alarme du gouvernement provincial », a déclaré Rémy Saki, vice-gouverneur du Kwango.
La province du Kwango a été la troisième à être affectée par la crise des Mobondo après le territoire de Kwamouth, épicentre (Maï-Ndombe), le territoire de Bagata (Kwilu), avant que la crise ne s’étende vers Maluku, à Kinshasa.
Au Kwango, le village Batshongo, situé sur la RN1, a été la première cible des miliciens Mobondo. Les affrontements les ayant opposés aux FARDC, le 12 mai 2023, ont fait 11 morts, dont des miliciens, quelques militaires et policiers, ainsi que 7 blessés. Le couvre-feu décrété par le gouvernement provincial, notamment pour sécuriser le trafic sur la RN1, n’avait pas réussi à empêcher l’extension de l’insécurité dans les autres villages. Des violences sexuelles contre les femmes voyageuses et des actes de tracasseries ont été rapportés sur la rivière Kwango. Le territoire de Popokabaka sera le dernier à être touché, où les miliciens avaient installé leur bastion. C’est également à partir de ce territoire (village Ipongi) que la dissolution du mouvement Mobondo a été déclarée par son géniteur, Sadam alias « Faux Yaya », à l’issue d’une mission de reddition, démobilisation et désarmement.
Jonathan Mesa