Ebola : la situation en Ouganda reste stable, mais en RDC elle demeure préoccupante car la violence et l’insécurité entravent les efforts de riposte (OMS)

Le DG de l'OMS, Docteur Tedros Adhanom / Ph. Ley Uwera

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), a fait le point sur la situation de la maladie à virus Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo une semaine après la déclaration officielle de la 17e épidémie mortelle. Selon son directeur général, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, la situation est extrêmement préoccupante en RDC, avec 82 nouveaux cas confirmés, dont 7 décès. À l’en croire, cette situation préoccupante est aggravée par l’insécurité qui prévaut dans cette partie du pays.

« La situation Ebola dans la zone RDC est extrêmement préoccupante. À ce jour, 82 cas ont été confirmés, dont sept décès. Mais nous savons que l'épidémie en RDC est bien plus importante. On compte actuellement près de 750 cas suspects et 177 décès présumés. Ces chiffres évoluent grâce à l'amélioration de la surveillance et des tests en laboratoire, mais la violence et l'insécurité entravent la riposte. Des renforts de l'OMS ont été déployés en Ituri, épicentre de l'épidémie, afin de soutenir les populations touchées. Je suis en contact régulier avec les autorités gouvernementales pour coordonner les actions de riposte », a déclaré ce vendredi 22 mai, le DG de l’OMS.

Contrairement à la République Démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la santé révèle que la situation en Ouganda reste stable. À ce jour, le pays enregistre deux cas confirmés et un décès.

« La situation en Ouganda est actuellement stable, avec 2 cas confirmés et 1 décès signalés. Aucun nouveau cas ni décès n'a été rapporté. Nous soutenons le gouvernement dans ses efforts de prévention et de réponse. Je viens de convoquer une réunion d'information des États membres pour les tenir au courant de la réponse en cours », a ajouté M. Tedros.

En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Les conflits, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental rendent difficiles le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux pays voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.

Malgré les difficultés majeures d’accès aux communautés touchées, les autorités sanitaires congolaises se montrent optimistes et affirment disposer d’une connaissance approfondie ainsi que d’une expérience avérée dans la lutte contre les épidémies d’Ebola. L’agence de santé publique de l’Union africaine, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) et l’OMS multiplient les échanges dans le cadre d’une riposte régionale coordonnée visant à briser les chaînes de transmission.

Clément MUAMBA