L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, ne s’est pas présenté devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe le 5 mai dernier, alors qu’il était attendu comme témoin clé dans le dossier présumé de détournement de fonds au sein du FRIVAO. Invoquant des raisons de santé pour justifier son absence, l’ex-garde des Sceaux a obtenu le report de son audition.
La justice a fixé une nouvelle audience au 19 mai prochain, une étape jugée cruciale pour faire la lumière sur la gestion des indemnisations destinées aux victimes de la guerre d’agression ougandaise.
L’enquête porte sur la disparition présumée de sommes importantes destinées aux victimes de la « Guerre des Six Jours » à Kisangani. Le ministère public soupçonne l’exécution de paiements de plus de 50 millions de dollars sans l’aval de la Direction générale du contrôle des marchés publics. Sur les 195 millions de dollars versés par l’Ouganda en réparation des préjudices subis par les civils congolais, seule une infime partie aurait effectivement atteint les bénéficiaires finaux durant le mandat de l’ancien ministre.
La pression s’est accentuée sur Constant Mutamba après les déclarations de Chançard Bolukola, ancien directeur général intérimaire du FRIVAO, nommé à l’époque par l’ex-ministre lui-même. Actuellement poursuivi dans cette affaire, ce dernier rejette la responsabilité des décaissements litigieux sur son ancien mentor, affirmant avoir agi sur la base d’instructions verbales directes. La confrontation attendue le 19 mai devra déterminer si les mécanismes de gestion du fonds ont été volontairement contournés afin de faciliter ces détournements présumés.
L’affaire FRIVAO vient alourdir le passif judiciaire de l’ancien membre du gouvernement, déjà condamné en septembre 2025 à trois ans de travaux forcés pour le détournement présumé de près de 20 millions de dollars destinés à la construction d’une prison moderne à Kisangani. L’issue de ce nouveau procès pourrait déterminer si Constant Mutamba restera sous les verrous ou s’il parviendra à démontrer la légalité des mouvements de fonds opérés au sein du FRIVAO.