Des organisations de défense des droits des femmes, avec l'appui de partenaires nationaux et internationaux, ont tenu du 9 au 10 juin, à Kinshasa un atelier de réflexion sur les réformes électorales inclusives en République démocratique du Congo. L'objectif est de renforcer la participation des femmes, des jeunes et d'autres groupes sous-représentés aux processus électoraux et aux instances de décision.
Cette rencontre a réuni des acteurs de la société civile, des organisations féminines et des partenaires techniques autour des réformes en cours du cadre électoral congolais. Les échanges ont porté notamment sur la loi électorale, l'identification et l'enrôlement des électeurs, les partis politiques ainsi que leur financement public.
À l'ouverture des travaux, Mireille Affa'a, responsable de la section Genre de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), a souligné l'importance de parvenir à des recommandations susceptibles de favoriser une représentation plus équitable des femmes et des jeunes dans les institutions.
Selon elle, l'atelier vise à consolider les acquis des précédentes consultations, renforcer les capacités des organisations de la société civile et dégager un consensus autour des priorités nécessaires à la construction d'un système électoral plus représentatif.
« La participation pleine, égale et significative des femmes et des jeunes à tous les niveaux de la vie publique demeure un pilier essentiel d'une démocratie inclusive et stable », a-t-elle rappelé.
Intervenant au nom du ministère du Genre, Famille et Enfant, Marie-Rose Magwaboa a insisté sur la nécessité d'aboutir à des recommandations concrètes et réalisables pouvant nourrir le plaidoyer en faveur d'une meilleure représentation des femmes dans les institutions électives et nominatives.
Elle a indiqué que le ministère entend poursuivre ses efforts auprès des instances compétentes afin de promouvoir des mesures favorables à l'égalité des chances et à une participation accrue des femmes dans la gouvernance publique.
Une représentation féminine encore limitée
Malgré plusieurs dispositions légales encourageant la participation politique des femmes, notamment l'exonération des cautions électorales pour les candidatures féminines, leur présence dans les institutions demeure faible.
Les femmes représentent plus de la moitié de l'électorat congolais, mais occupent encore une proportion limitée des sièges au Parlement national. Leur accès aux fonctions électives reste confronté à plusieurs obstacles, notamment les pesanteurs socioculturelles, les contraintes financières et les violences basées sur le genre.
L'atelier a été organisé par un consortium d'organisations féminines composé notamment du Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO), du mouvement Rien sans les femmes (RSLF) et de la Dynamique nationale des femmes candidates (DYNAFEC), avec l'appui de plusieurs partenaires, dont ONU Femmes, la Monusco, CAFOD et la Cellule technique sur la masculinité positive.