La journée « ville morte » de ce mercredi 3 juin 2026, a fortement paralysé Kinshasa à l’appel de la coalition d’opposition C64, qui proteste contre tout projet de révision constitutionnelle permettant un troisième mandat au président Félix Tshisekedi. Dès le matin, les grandes artères habituellement congestionnées de la capitale sont restées étonnamment vides, les transports en commun se sont faits rares et la majorité des commerces ont gardé leurs rideaux baissés par précaution. Malgré les injonctions des autorités locales pour maintenir l'activité, les écoles et les universités ont été largement désertées par les élèves et les étudiants.
Face à ce mot d'ordre, le gouvernement a déployé un dispositif sécuritaire massif et dissuasif composé de policiers et de militaires dans les points névralgiques de la ville, comme à Limete et près de l’Université de Kinshasa. Bien que quelques tensions isolées et des pneus brûlés aient été signalés sur le boulevard Lumumba, aucun débordement n'a eu lieu, et les activités économiques ont timidement repris en fin d'après-midi. Pour contrer le mouvement, le ministre de la Fonction publique avait menacé de sanctions les agents de l'État absents et dépêché des contrôleurs dans les ministères.
Du côté du pouvoir et de la majorité présidentielle, l'impact de cette mobilisation a été immédiatement minimisé, certains cadres qualifiant ironiquement l'événement de « journée vivante ». Les tenants du régime affirment que le calme observé était lié à la peur des violences plutôt qu'à une adhésion politique, tout en reprochant à l'opposition de pénaliser les Kinois qui dépendent du travail quotidien pour survivre.
À l'inverse, les leaders de l'opposition se félicitent d'un succès éclatant et estiment que le message de rejet de la population face aux ambitions du pouvoir a été clairement entendu.