L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo a également figuré parmi les sujets abordés lors du séjour du président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, auprès de son homologue congolais Félix Tshisekedi, du lundi 22 au mardi 23 juin 2026 à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
À l’issue d’une séance d’information avec l’équipe de riposte contre cette épidémie, le chef de l’État burundais a salué les efforts déployés par les autorités congolaises et exprimé sa solidarité au peuple congolais face à cette nouvelle menace sanitaire. Il a insisté sur la nécessité de s’appuyer sur les données scientifiques dans la lutte contre la maladie, appelant à éviter les réactions fondées sur la peur ou la fermeture des frontières.
"Nous venons de nous réunir autour d’un sujet, c’est l’épidémie d’Ebola qui nous a réunis pour être informés par l’équipe de riposte. Nous encourageons cette équipe, mais aussi j’exprime ma solidarité au peuple congolais et à la République démocratique du Congo. Cette maladie, il ne faut pas la traiter sans avoir confiance en la science. L’exemple que je donne, c’est le Burundi : nous n’avons pas fermé nos frontières et pourtant le pays n’a pas été affecté, parce que nous devons prendre des mesures de préparation, de prévention et de collaboration avec les organes de l’État de la République démocratique du Congo, nous essayons toujours de la maîtriser", a-t-il expliqué devant la presse aux côtés de son homologue congolais Félix Tshisekedi.
Évariste Ndayishimiye a également insisté sur la nécessité d’une réponse collective à l’échelle continentale et internationale, estimant que la solidarité demeure essentielle pour contenir l’épidémie. Le président en exercice de l’Union africaine a, par ailleurs, appelé les pays voisins de la RDC à privilégier la coopération sanitaire plutôt que l’isolement.
"C'est pour celà que je voudrais saisir cette occasion pour appeler tous les États, particulièrement les pays africains d'être solidaires mais aussi au monde entier d'être solidaires plutôt que de nous enfermer, il faut être solidaire et gérer ensemble cette épidémie qui n'est pas une épidémie qui peut faire peur comme la COVID-19 donc j'appelle tous les États à ne pas fermer les frontières mais plutôt à être solidaires entre temps à traiter cette maladie ensemble", a souligné le président en exercice de l'Union africaine.
À la suite de la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, plusieurs pays ont imposé des restrictions de voyage visant les voyageurs en provenance de la RDC. Ces mesures comprennent notamment la suspension de certaines opérations de délivrance de visas, l’interdiction de franchir certaines frontières terrestres, des exigences d’isolement de 21 jours ainsi que le renforcement des contrôles sanitaires. Parmi les pays ayant pris de telles mesures figurent les États-Unis d’Amérique, le Rwanda et d’autres États.
Du côté de l’Union européenne, cette stratégie américaine suscite des réserves, certains responsables estimant que le risque de propagation de l’épidémie demeure limité. Le gouvernement congolais a, pour sa part, régulièrement dénoncé ces mesures restrictives, qu’il juge contraires aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
À Bunia, dans la province de l’Ituri, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a indiqué que des discussions se poursuivent avec les pays concernés afin d’obtenir la levée de ces restrictions.
Clément MUAMBA