Caricature : l’insécurité reprend du service à Beni…

Foto
Caricature Kash/ACTUALITE.Cd

La ville de Beni, au Nord-Kivu, fait face à une nouvelle dégradation de sa situation sécuritaire avec le retour des attaques meurtrières attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Selon le Baromètre sécuritaire du Kivu (Ebuteli), publié à la mi-juin 2026, ce groupe armé affilié à l’État islamique a de nouveau placé la ville dans sa ligne de mire. 

Cette recrudescence intervient après plus de trois années d’accalmie relative dans le centre urbain. Les experts y voient une conséquence de la pression militaire exercée contre les ADF dans leurs bastions forestiers.

La nuit du 30 au 31 mai 2026 a marqué un tournant avec une incursion des ADF ayant causé la mort de 21 personnes dans la ville de Beni. Le quartier Ngadi, notamment un campement de la communauté pygmée, a été particulièrement touché. Le 3 juin, une journée « ville morte » a été observée, tandis que des jeunes et des conducteurs de motos-taxis ont manifesté pour dénoncer l’insécurité persistante et réclamer davantage de protection.

Une nouvelle attaque est survenue le 11 juin dans la cellule Munzambayi, au quartier Boikene, en commune de Ruwenzori. Au moins trois jeunes civils participant à une garde communautaire ont été tués lors de l’assaut. L’un d’eux a péri dans l’incendie d’une habitation. Au lendemain de cette attaque, des habitants ont érigé des barricades pour exprimer leur mécontentement, obligeant les forces de sécurité à intervenir pour rétablir la circulation.

Les conséquences de cette vague de violences se font également sentir sur les plans humanitaire et sanitaire. Les autorités ont temporairement interdit l’accès aux zones agricoles de Mayangose afin de faciliter les opérations militaires en cours. Cette mesure suscite des inquiétudes quant à l’approvisionnement alimentaire de la région.