Le Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo (FRIVAO) a annoncé le lancement d’un audit du fichier d’identification et d’indemnisation des victimes de la ville de Kisangani, dans un contexte marqué par des controverses sur la gestion du mécanisme de réparation.
Dans un communiqué publié lundi à Kisangani, le FRIVAO indique que cet audit sera mené par le cabinet spécialisé CAAF (Congo Auditing and Advisory Firm SAS), recruté à l’issue d’un appel d’offres.
Selon le document, cette opération s’inscrit dans le cadre de la mission du fonds visant à indemniser les victimes des activités illicites attribuées à l’Ouganda en RDC et répond à une volonté de « transparence et de rigueur » exprimée par l’autorité de tutelle, le ministre d’État chargé de la Justice, Guillaume Ngefa Atandoko.
Le FRIVAO précise que l’arrivée du cabinet d’audit à Kisangani doit permettre de « fiabiliser le fichier des victimes (bénéficiaires) » et de « crédibiliser la suite du processus ».
L’institution appelle par ailleurs les communautés de victimes, les autorités politico-administratives, les organisations de la société civile, les organisations de défense des droits humains ainsi que les leaders communautaires à collaborer avec les auditeurs pour faciliter le déroulement de la mission.
Cette annonce intervient alors que la gestion du FRIVAO fait l’objet de vives controverses. Début mai, le ministre de la Justice avait affirmé devant le Sénat que sur 195 millions de dollars disponibles, seuls 28 millions avaient effectivement atteint les victimes, dénonçant des soupçons de fraude, l’existence présumée de victimes fictives et des dysfonctionnements au sein du mécanisme d’indemnisation.
Le gouvernement a depuis annoncé plusieurs mesures de redressement, dont la vérification du fichier des bénéficiaires à Kisangani, présentée comme une étape préalable à la poursuite des indemnisations individuelles.
Le FRIVAO a été créé pour gérer les réparations accordées à la RDC par la Cour internationale de Justice après la condamnation de l’Ouganda à verser 325 millions de dollars au titre des dommages causés lors du conflit armé sur le territoire congolais.