Planification familiale : une hausse de l’utilisation des méthodes contraceptives combinée paradoxalement à un taux élevé de grossesses non désirées.
ACTUALITE.CD

Kinshasa, RDC – Le 15 avril 2021

La prévalence contraceptive augmente de manière significative parmi les groupes de femmes vivant dans les quartiers défavorisés de la ville de Kinshasa,comparativement aux quartiers étiquetés de riches.

L’utilisation de la contraception moderne chez les femmes en union a augmenté de manière constante, passant de 19% en 2014 à 30% en 2020 à Kinshasa.

Selon le PMA, le pourcentage d'utilisatrices de contraceptifs modernes était plus élevé chez les femmes vivant dans des quartiers dits pauvres que chez celles vivant dans des quartiers riches (27,3% contre 19,9%). 

A l’intérieur de quartiers pauvres, les femmes vivant dans des ménages pauvres avaient un pourcentage plus élevé d'utilisatrices de contraceptifs modernes que celles vivant dans des ménages riches (29,0 % contre 15,4 %). 

L’offre à base communautaire semble être la clé de cette différence entre les quartiers pauvres et les quartiers riches

Dans l’ensemble, l’offre communautaire en matière de planification familiale par les DBC (distributeurs à base communautaire) reste encore faible : Seuls 4% des femmes ont été visitées au cours des 12 derniers mois. Malgré cette faible couverture, les femmes vivant dans les quartiers pauvres (slums) ont plus bénéficié de visites et de services de distributeurs à base communautaire que les femmes vivant dans les quartiers riches. À l’intérieur des quartiers dits « pauvres », ce sont les femmes les plus démunies qui ont bénéficié de services de PF de la part des DBC.

Les données de PMA ont montré que la prévalence de la contraception était plus élevée chez les femmes visitées par le DBC, comparée à celles qui n'ont pas été visitées.

 

Bien que la prévalence contraceptive s’améliore davantage parmi les groupes de femmes vivant dans les quartiers pauvres, le taux de discontinuation est plus important dans ce groupe malheureusement

Dans 45% des cas, l’utilisation des méthodes contraceptives modernes a été arrêtée au cours des 12 mois suivant le début d’utilisation. En outre, dans 11% des cas, l’utilisation des méthodes contraceptives modernes a été arrêtée et changée pour une autre méthode au cours des 12 mois suivant le début d’utilisation.

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Notons que le pourcentage de discontinuation de méthodes était plus observé parmi les femmes vivant dans les quartiers pauvres,comparé aux femmes vivant dans les quartiers riches (49 % contre 44%). Le taux d'abandon était plus élevé chez les femmes vivant dans des quartiers pauvres surtout pour les implants, injectables ainsi que les préservatifs masculins.

L’étude a observé également que dans l'ensemble, la qualité des conseils reçus par les clients de service PF est médiocre dans la ville de Kinshasa, comme le montre l’indice d’information de la méthode. Moins d’une femme sur cinq (18%) a obtenu les quatre informations clés qui constituent des conseils PF de qualité.

L’offre communautaire devenant de plus en plus importante dans la ville de Kinshasa, les parties prenantes sont appelées à améliorer la qualité de service offert par les distributeurs à base communautaires et spécialement à s’assurer que les informations essentielles et pertinentes soient fournies aux clientes, lors de l’adoption de méthodes PF.

Avec ce taux de discontinuation élevé parmi les femmes vivant dans les quartiers pauvres de la ville, Kinshasaenregistre un taux élevé de grossesses non désirées, particulièrement dans les quartiers dit pauvres.

Bien que la prévalence contraceptive soit la mesure la plus utilisée pour évaluer le succès des programmes de Planification Familiale, il est probable que l'utilisation de la contraception soitsur-déclarée lors des enquêtes transversales. En effet, les femmes qui ont adopté des méthodes à court terme comme les préservatifs, la pilule ou les injectables peuvent se déclarer comme utilisatrices, même si elles n'utilisent pas ces méthodes de manière permanente ou constante. 

Selon les données de PMA, la moitié de femmes ont indiqué que leur dernière grossesse n’était pas désirée. Cette situation était encore plus accentuée chez les femmes habitant les quartiers pauvres (slum). En effet, 52% de femmes dans les quartiers pauvres ont déclaré que leur dernière grossesse n’était pas désirée contre 37% de femmes dans les quartiers riches.

Ces résultats encouragent les parties prenantes non seulement de se focaliser sur la prévalence contraceptive mais aussi sur la qualité de services qui influencent la continuation de l’utilisation de la méthode, afin de bénéficier pleinement des avantages de la contraception.

Il y a une nécessité d'améliorer les services des prestataires communautaires et la qualité d’informations fournies aux clientes PF.  Les quartiers pauvres présentaient une prévalence contraceptive plus élevée, mais aussi le taux d'interruption d’utilisation de méthode ainsi que de grossesse non désirée plus élevés que les quartiers plus riches. L'amélioration de la formation des prestataires est peut-être un moyen d'améliorer l'efficacité de la contraception.

Avec l’annonce du retrait de la fondation Bill et Melinda Gates dans le financement de la PF en RDC, un plaidoyer doit être mené auprès des autres bailleurs dont Packard, les gouvernements Britannique, Norvégien et Suédois, l’USAID, l’ENABEL, la Banque mondiale, pour suppléer ce trou qui sera créé, sinon tous les efforts consentis seront annihilés et on aura un effet rebond avec toutes les conséquences dont la mortalité maternelle, les avortements clandestins, la criminalité etc….

Pour plus de précisions, contacter le Professeur Pierre Akilimali de l’Ecole de Santé Publique de Kinshasa : [email protected]

Tél : +243815800288

​​  OU Gloria Mbuya Chargée de Communication PMA

Tél : +243819546511

E-mail : [email protected]

PMA est mis en œuvre par des universités et organisations de recherche locales dans 11 pays, qui déploient des enquêtrices résidentes formées à la collecte de données via téléphone portable. En RDC, PMA est dirigé par l’École de Santé Publique de Kinshasa (ESPK). Le projet est soutenu et guidé par l’Institut Bill & Melinda Gates pour la Population et la Santé de la Reproduction à l’École de Santé Publique Bloomberg de l’Université Johns Hopkins, Jhpiego et financé par la Fondation Bill & Melinda Gates.

 

 

 

 

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