Dans un échange animé lors du Space live organisé ce samedi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le député national de Walikale et membre de l'UNC de Vital Kamerhe, Michel Moto Muhima, a défendu la nécessité d'un référendum constitutionnel, renvoyant dos à dos partisans et adversaires du changement au nom de la souveraineté populaire.
Face à ses interlocuteurs qui l'interrogeaient sur les blocages concrets de la Constitution de 2006, le député a choisi de déplacer le débat sur le terrain juridique. « La Constitution nous dit dans son article 5 que le peuple est souverain. Et l'article 219 rend obligatoire le référendum constitutionnel pour toutes les révisions touchant aux droits fondamentaux, à la forme de l'État ou à la durée du mandat », a-t-il soutenu, estimant que ces matières précises se trouvent aujourd'hui « sur la table ».
Refusant de dresser un inventaire des lacunes du texte constitutionnel, Michel Moto Muhima a préféré plaider pour que la décision appartienne au seul peuple congolais. « Ce n'est pas moi, ce n'est pas vous, ce n'est pas quelqu'un d'autre qui doit trancher. Qu'est-ce qui dérange ceux qui disent avoir le peuple avec eux de faire entendre la voix de ce peuple ? », a-t-il lancé à ses contradicteurs. Il a par ailleurs pris un engagement personnel : « Si nous passons par le référendum et que la population dit oui, je serai avec la population. Si elle dit non, je serai avec la population. »
Le député a également pointé l'échec de la décentralisation après vingt ans d'application de la Constitution de 2006, citant la non-application de la rétrocession aux entités décentralisées et le dysfonctionnement de plusieurs institutions comme autant de raisons justifiant une remise à plat. Une position qui tranche avec le silence toujours observé par son parti, l'UNC, sur l'ensemble de ce dossier.