Ebola en Ituri : Ève Bazaiba rassure sur la mise en place par le gouvernement d’un dispositif de prise en charge des enfants affectés et orphelins 

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Ève Bazaiba

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a mis en place un dispositif spécifique pour la prise en charge des enfants affectés par l'épidémie d'Ebola en Ituri, notamment ceux dont les parents sont malades, décédés ou placés en isolement. C'est ce qu'a indiqué la ministre d'État, ministre des Affaires sociales et Actions humanitaires, Ève Bazaiba Masudi, lors d'un briefing conjoint tenu à Bunia avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba.

Selon la ministre, plusieurs enfants font déjà l'objet d'un suivi particulier dans les structures mises en place par le gouvernement et ses partenaires.

"Pour le moment, au niveau de la crèche, nous avons enregistré trois enfants. Parmi eux, deux enfants dont les parents ont été déclarés guéris ont déjà quitté la structure et nous avons actuellement un bébé de trois mois pris en charge au centre de SEME. L'enfant est sevré et sa mère est malade" a déclaré jeudi 18 juin 2026 Ève Bazaiba.

La ministre a également fait état du suivi d'un adolescent de 17 ans dont les résultats d'analyses sont encore attendus.

"Nous suivons également un autre enfant âgé de 17 ans. Nous attendons encore les résultats des analyses, car cet enfant présente également des symptômes de paludisme. Nous devons donc attendre les résultats pour confirmer s'il s'agit d'Ebola ou non", a-t-elle précisé.

Parallèlement, les autorités poursuivent la mise en place de nouvelles structures d'accueil destinées à prendre en charge d'éventuels nouveaux cas. Elle a précisé que l'une des grossesses suscite des inquiétudes particulières.

"S'agissant des autres structures d'accueil, elles sont encore en cours de mise en place ou de construction. Nous avons commencé et je pense que les cas vont devoir nous arriver. Dans la zone de santé de Rwampara, nous suivons également deux femmes enceintes. Pour l'une d'elles, nous craignons que l'expulsion soit faite à cinq mois. Sa situation est un peu critique et, pour l'autre, l'évolution est pour l'instant favorable", a-t-elle fait savoir lors de son intervention.

Répondant à une question sur le sort des enfants devenus orphelins à la suite de décès liés à Ebola, Ève Bazaiba a indiqué qu'un mécanisme spécifique a été mis en place avec l'appui de plusieurs partenaires.

"Les exemples de bébés que vous avez donnés, c'est ce qui a mis la puce à l'oreille à cette équipe spécialement composée notamment de l'UNICEF, du gouvernement congolais et d'ALIMA pour mettre en place des crèches en attendant une famille d'accueil, parce qu'il s'agissait d'une urgence qui se posait à ce niveau-là", a-t-elle souligné.

Selon la ministre, ces crèches constituent une solution temporaire destinée à assurer la protection immédiate des enfants affectés par l'épidémie, en attendant leur placement au sein de familles d'accueil ou la réunification avec leurs proches lorsque les conditions le permettent.

Le gouvernement insiste également sur la nécessité de disposer d'infrastructures adaptées avant d'accueillir davantage d'enfants.

"Il est essentiel de mettre les dispositifs nécessaires en place avant de les accueillir. Nous ne pouvons pas procéder dans le désordre sans disposer des infrastructures adaptées", a indiqué Ève Bazaiba.

Cette approche s'inscrit dans la réponse multisectorielle déployée par le gouvernement congolais et ses partenaires pour faire face à la résurgence de l'épidémie d'Ebola en Ituri. Elle vise non seulement à contenir les impacts sanitaires et sociaux de la maladie, mais aussi à garantir la protection, l'accompagnement et le suivi des enfants touchés, notamment ceux ayant perdu leurs parents ou dont les parents sont pris en charge pour Ebola.

En date du 17 mai 2026, soit deux jours après la déclaration officielle de l'épidémie en République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo, qui s'est propagé de la RDC vers l'Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC).

Selon l'OMS, l'épidémie a connu une expansion géographique importante et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l'insuffisance des infrastructures sanitaires ainsi que les difficultés d'accès à certaines zones touchées par les conflits.

À ces défis s'ajoute l'absence, à ce jour, de vaccin homologué et de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo. Malgré ce contexte préoccupant, les autorités congolaises demeurent optimistes et s'appuient sur l'expérience acquise lors des seize précédentes épidémies d'Ebola que le pays est parvenu à maîtriser.

Clément MUAMBA